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Gérald Veirier

MAI 68…ou le début de mon engagement à la CGT…

Je suis arrivé sur Toulouse en 1962 à l’âge de treize ans, comme rapatrié d’Algérie ; après mes études au Lycée technique Déodat de Séverac, je commence à travailler en 1967 dans le bâtiment et je milite à la JOC (jeunesse ouvrière chrétienne).

Mai 68 est pour moi un tournant dans mes engagements et ma vie militante jusqu’à aujourd’hui par mon adhésion à la CGT.
A cette époque je fais partie des premiers militants de la JOC à rejoindre cette organisation syndicale, le choix jociste était plutôt vers la CFDT.

Je suis l’un des 7000 nouveaux adhérent-e-s à la CGT en Haute Garonne dont 50% de jeunes et de femmes.
Les mois de mai et juin sont pour moi la découverte du syndicalisme au travers de l’occupation de mon entreprise, des puissantes manifestations dans Toulouse notamment celle du 13 mai où nous sommes plus de 50 000 sur la Place du Capitole.
Mon salaire augmente de 30%, mon temps de travail diminue, les acquis de 68, que je transmets aujourd’hui à mes enfants et petits- enfants, marquent la période qui a suivi.

En septembre 68 j’effectue mon service militaire à Chaumont (Haute-Marne). Avec mes camarades (beaucoup d’étudiants sursitaire) nous menons des actions pour faire reconnaitre nos droits, c’est le début de la création des comités de soldats dans les casernes.

En 1970 je suis embauché comme contrôleur à la CII (compagnie Internationale pour l’Informatique), entreprise issue du Plan Calcul initié par De Gaulle pour l’indépendance de notre pays dans ce secteur industriel.

Jeune militant à la JOC, je prends des responsabilités à la CGT(créée en mai 68) comme collecteur, délégué du personnel, puis plus tard mes camarades me proposent comme secrétaire du syndicat ouvrier, qui rassemble à cette période plus de 130 syndiqués.

En 1975 deux évènements majeurs marquent ma vie militante dans le prolongement de ce qu’avait engendré Mai 68, plus particulièrement le renforcement de la CGT et l’unité d’action.
Dans la métallurgie, des négociations avec le patronat et une grande campagne CGT sur les classifications sont en cours, les débats dans les ateliers et sur les plates formes précisent nos revendications.
Mais les catégories ingénieurs, cadres, techniciens, ne sont pas organisées à la CGT ; aussi notre syndicat ouvrier prend-il l’initiative de les réunir à la Bourse du Travail, plus de 120 d’entre eux participent, se syndiquent et crées un syndicat UFICT.
Cette même année, une importante restructuration dans le domaine de l’informatique, avec des enjeux nationaux et européens, où Thomson et CGE s’affrontent, nous amène à fusionner avec Honeywell, avec de lourdes conséquences sur les 1700 emplois et la fermeture de l’usine de Toulouse.
Une lutte unitaire sans précédent s’engage pendant plusieurs mois, prenant une dimension départementale et nationale, avec des initiatives locales et en Région Parisienne où se trouve le siège, en direction des ministères et des élus.

Des actions originales sont proposées, par exemple le « premier train de la colère » à Paris au ministère de l’industrie, le « Rallye des bradés » à travers la France, organisé par la CGT avec toutes les entreprises menacées sous Giscard et notre « symbole de lutte » un ordinateur (en bois) sur le toit d’une voiture accompagne toutes nos manifestations y compris celle sous la Tour Effel.

Cette lutte permet de sauver l’entreprise et les emplois. En 1981 nous sommes nationalisés avec Thomson et malgré les différentes restructurations qui ont suivi le site du Mirail continue de vivre aujourd’hui sous le nom de Thalès.

Oui MAI 68 a laissé des traces et des acquis dans les domaines sociaux et de société, le patronat et les pouvoirs successifs en place ont, toujours tenté de les remettre en cause et parfois réussi, initié des stratégies d’intégrations comme à l’Aérospatiale, véritable laboratoire du patronat de la métallurgie dans les années 1970.

Actuellement les mêmes veulent « liquider et en finir avec MAI 68 » comme l’indiquaient récemment Macron ou Marine Le Pen ; aussi ce 50ème anniversaire est l’occasion de « retransmettre » les véritables causes et les acquis de ce grand mouvement social, pour donner confiance aux jeunes générations et à nous-mêmes dans les luttes d’aujourd’hui, en n’oubliant pas que ce sont toujours les peuples qui font l’histoire.


Gérald Veirier
Retraité Thales Toulouse

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