Le Magazine de l'UCR
je m'abonne
Espace diffuseur
Actions › Idées

Climat. Ça va chauffer

Alors que les conférences annuelles sur le climat se succèdent depuis 1995, l’absence de mesures permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre nous conduit vers un réchauffement global de 3,5 à 4°C d’ici la fin du siècle.

Le texte adopté, voilà 30 mois, lors la Conférence de Paris sur le climat a retenu comme objectif de ne pas dépasser, d’ici la fin du siècle en cours, de +2°C la température moyenne que l’on avait sur Terre au milieu du XIXème siècle. Mais, à en juger par la faiblesse des engagements pris depuis cette date par les pays qui ont ratifié cet accord, nous allons vers un réchauffement de 3,5 à 4°C en 2100.

Stop aux GES

Pour rester sous les +2°C, il faudrait, selon le climatologue Jean Jouzel, « atteindre le pic d’émissions de gaz à effet de serre (GES) en 2020, puis entre 2020 et 2050, les diviser par trois à l’échelle planétaire ». Mais les émissions de CO2 augmentent partout dans le monde et l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dit que la consommation mondiale de pétrole va croître jusqu’en 2040. Celle des voitures particulières diminuerait faiblement, tandis qu’augmenterait celle des camions, des avions et de l’industrie des matières plastiques.

Dans les émissions globales de GES, le CO2 compte beaucoup. Il provient essentiellement de la combustion du charbon, du gaz et du pétrole. Parmi les autres GES, on trouve le méthane émis par les herbivores ruminants dont le nombre croît du fait de la consommation de viande et de produits laitiers. Les rizières irriguées émettent aussi du méthane, tandis que le dégel de certaines terres en Sibérie et ailleurs pourrait en libérer énormément.

Des carottages effectués dans la glace ont révélé que pendant 600 000 ans la concentration de CO2 a oscillé entre 200 et 300 PPM (partie par million) sur la planète Terre. Elle a commencé à monter sévèrement à partir du début de l’ère industrielle. Nous assistons désormais à une forte accélération. En 1995, date de la Cop1 à Berlin, on en était déjà à 360 PPM et on atteint 405 PPM en 2017. Il est là le lien de cause à effet entre la consommation accrue d’énergie fossile et le réchauffement climatique.

 

Conséquences climatiques

Nous risquons un emballement dans les prochaines années. Cela se traduit déjà par les phénomènes climatiques extrêmes que sont les cyclones, les pluies torrentielles et la grêle, les inondations, les glissements de terrains, les longues périodes de sécheresse avec leurs incendies. De nos jours, le quart du CO2 largué dans l’atmosphère est absorbé par les océans. Mais sa dissolution acidifie leurs eaux qui en stockent de moins en moins à volume constant. Sur terre, l’aridification des sols consécutive aux sécheresses conduit les forêts et les prairies à moins capter de carbone car le taux de mortalité de la flore augmente.

Voilà pourquoi il est impératif de réduire partout les émissions de GES, en sachant que les pays les plus pollueurs se doivent de faire plus d’efforts que les autres. Pour contenir le réchauffement à +2°C, il faudrait que les émissions des pays développés soient ramenées très vite à 5 tonnes par an et par habitant. En 2012, celles du Qatar atteignaient 37 tonnes, celles de l’Australie, du Canada et des États-Unis plus de 15 tonnes, celles de l’Allemagne 9 tonnes, celles de la Chine 7 tonnes… La France est à plus de 5 tonnes, mais elle serait proche de 10 tonnes, si on prend en compte l’impact des importations suite aux délocalisations de productions. Beaucoup dépendra donc des politiques économiques qui seront conduites.

Enfin, sans culpabiliser, nous devons modifier certains comportements : acheter des produits locaux et de saison, consommer davantage de protéines végétales et manger un peu moins de viande. Nous pouvons aussi, pour ceux qui ont la chance d’avoir un morceau de terrain, découvrir ou redécouvrir l’intérêt de l’autoproduction issue du potager.

Dossier Vie nouvelle


Le réchauffement, la nourriture et le vin

Ce que nous avons vécu en France à la fin du printemps est assez révélateur pour comprendre la nécessité impérative de freiner le réchauffement climatique. Plus la température augmente sur terre et au-dessus de la mer, plus il y a d’évaporation. Le réchauffement moyen actuel n’est que de 1°C en un siècle. L’évaporation croissante fait monter plus d’eau dans l’atmosphère. Les courants ascendants propulsent les nuages à des altitudes où il fait souvent -10°C. À haute altitude, les billes de glace peuvent geler et dégeler plusieurs fois jusqu’à ce que, trop lourdes, elles finissent par tomber.

Presque toutes les régions de France ont été touchées par des orages de grêle très violents, causant de gros dégâts en quelques minutes. À la fin mai, on parlait de 7 000 hectares de vignes privés de récolte cette année dans le bordelais ; la zone du cognac comptait 10 000 hectares dévastés. En Champagne, ce sont 3 000 hectares de vignobles hachés par la grêle et beaucoup d’autres régions plantées de vignes et d’arbres fruitiers ont subi d’importants dégâts.

Au-delà, ces puissants orages très localisés ont charrié des torrents de boue qui induisent une importante perte de matière organique pour les terres agricoles. La répétition de tels évènements dans les prochaines années réduira la fertilité des sols, donc la production.

À la fin du printemps 2016, des pluies inhabituellement abondantes avaient perturbé le remplissage des épis de blé. Du coup, les rendements furent en baisse sensible par rapport à une année normale et la qualité boulangère de la récolte fut globalement médiocre.

Voilà pourquoi le réchauffement climatique risque aussi de priver les populations de nourriture et de vin dans les prochaines décennies.


 

Préparer ma retraite
Vous vous interrogez sur la date exacte de votre départ à la retraite.Sur la date à partir de laquelle vous devez faire valoir vos droits à la retraite, les démarches à entreprendre, le montant de votre ou vos pensions...

Lire la suite

Mes droits en chiffres
Retraites, Pensions, Allocations, Minima, Sécurité sociale, CMU, APA, SMIC, RSA; Prix, Loyers...

Lire la suite

Ce qu'il faut savoir
Taxe d'habitation : degrevement ou pas ? Nouveau !

Lire la suite

TEMOINS
Jean Pierre Grenon

Le physique d’un rugbyman et l’allure chaloupée, Jean-Pierre Grenon a le regard malicieux de ceux qui en savent long sur la vie syndicale et sociale.

Lire la suite