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Loisirs › Ecouter/Voir

Marc Ogeret : aux barricades de la poésie

Marc Ogeret nous a quittés le 4 juin dernier et on pense à ce vers de Louise Michel, « Rouge œillet, ce fut ton sourire - Qui nous dit que tout renaissait. ». Toute sa vie, il aura été une sentinelle vigilante qui nous dit qu’il ne faut pas s’assoupir, que chanter la poésie est un acte de résistance en ces temps de mouise où les mots perdent sens et fertilité, un interprète qui vous parle droit à l’âme.

Sa voix claire et chaude, doucement éraflée -cette plaie ouverte dont parle Jean-Baptiste Clément dans le Temps des cerises ?- vous saisit et vous fait frémir.

Marc Ogeret interprèta les grands poètes : Genet, Bruant, Couté, Bérimont, Seghers et Aragon, auquel il a consacré un superbe double 33 tours qui a obtenu le grand prix de l’Académie Charles Cros. Il inscrivit à son répertoire des auteurs compositeurs de textes taillés tout en finesse : Léo Ferré, Jean-Max Brua, Jean Vasca, Hélène Martin et Jacques-Emile Deschamps...

La révolte des pauvres et l’amour plus que de raison ou les refrains de marins qui peinent, rient et entonnent les chansons salées de la marine à voile ; les Chansons Contre, celles de Révolte et d’Espoir ou de la Commune de Paris entre le noir et le rouge sont d’une étonnante actualité.
Il avait pour les communards qui montèrent à l’assaut du ciel, une admiration sans borne, pour le peuple en lutte, en révolte, le peuple aux barricades où naissent avec les chimères les plus folles, de si belles chansons.

Marc Ogeret, militant du Syndicat français des artistes interprètes CGT a demandé à être inhumé avec un œillet rouge, la fleur de la Commune et de Louise Michel. Si j’allais au noir cimetière, Frère, jetez sur votre soeur/Comme une espérance dernière/ De rouges œillets tout en fleurs (Les œillets rouges, poème de Louise Michel).

« Quand nous chanterons le temps des cerises... » Entendez-vous, camarades, c’est Ogeret, pour toujours...

Richard Vaillant


1968, rencontre...

Septembre 1968, ma première fête de l’Huma. L’espoir est-il encore de saison ? Quelques jours auparavant, le 21 août, les chars soviétiques sont entrés en Tchécoslovaquie, écrasant les belles utopies du Printemps de Prague avec quelques rêves chevillés en nous. Et nous sommes là, à Vincennes, puisque c’était là que se tenait la fête, entre les poings levés de mai et la force brutale de l’oppression.
Une petite scène sous les arbres, dans cet immense rassemblement populaire. Je vais écouter-voir Marc Ogeret, histoire de me remettre les idées en place. Ensuite, ce sera Henri Tachan. Une belle soirée, caustique et contestataire.
Ce soir-là, devant un parterre de connaisseurs, Marc Ogeret commence son tour de chant avec Le Condamné à mort de Jean Genet, musique d’Hélène Martin, puis Protestation de Jean L’Anselme, un poète que je découvre. Il restera un compagnon de route et de doute, l’ironie grinçante en plus.
Deux chansons pour résumer Marc Ogeret : poésie, colère, fraternité, amour et révolte. Richard Vaillant


Quelques CD et 33 tours 

Marc Ogeret chante les poètes, (3 CD) chez EPM
De grogne et de velours. Marc Ogeret chante Léo Ferré - EPM (Avec la chanson Léo de Marc Robine)
Ogeret chante Vasca, éditions du Nadir Nantes
Marc Ogeret : Autour de la Commune - 33 tours chez Vogue
Marc Ogeret : Chansons Contre - 33 tours -Vogue


 

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