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La suffisance d’une caste aux abois

Macron et son équipe resteront dans les annales comme les commis des riches. Ils seront aussi marqués du sceau de l’arrogance et du mépris.

D’abord, une anecdote. Mme Evelyne Richard, vous ne connaissez pas, moi oui. Chargé un temps de « couvrir », comme on dit dans le jargon journalistique, les voyages présidentiels, je devais m’adresser comme tous mes confrères à cette dame pour obtenir mes accréditations.

Je garde un souvenir amical de Mme Richarden en place à l’Elysée depuis Pompidou. Elle en a vu des vertes et des pas mûres et a pris sa retraite, l’année dernière. Une observatrice hors norme. Évoquant le début de la présidence Macron, après quelques mois de cohabitation avec l’équipe du chef, elle déclarait à son départ, selon Le Canard Enchaîné :«Normalement, la grosse tête des victorieux se dégonfle au bout de quelques mois. Là, ça dure. En plus de quarante ans passés à l’Élysée, j’en ai vu, des arrogants. Mais, à ce point-là, jamais.»

La suite ne dément pas Mme Richard. Macron s’est distingué par ses bons mots à l’adresse des Français.Qu’est-ce qui le pousse à provoquer, insulter ? Est-ce dans sa nature de faiseur, de hâbleur ? Est-ce calculé ? Est-ce programmé par ses spécialistes en communication ? Une chose est certaine : en matière de goujaterie, il affiche un professionnalisme de haut vol. Souvenez-vous.

Les bons mots du président

En Bretagne, il ironisait sur « l’illettrisme des ouvrières » ; à Athènes, en voyage officiel, il claironnait qu’il « ne céderait rien aux fainéants »; à l’Elysée, recevant la Commission culturelle de l’Assemblée nationale, il qualifiait l’audiovisuel de « Honte de la République » ; à Lunel, il lançait à un jeune au chômage « la meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler » ; à Egletons, il pérorait « Une gare, c’est un lieu où l’on croise des gens qui réussissent et ceux qui ne sont rien. » Au sommet de Hambourg, il se moquait des femmes africaines qui « ont encore 7 à 8 enfants ».
Macron, c’est l’école de la suffisance. Quant à son « nouveau monde », c’est plutôt l’autre monde, celui où il est plus facile d’entrer que d’en sortir.

Cette propension macronienne à la prétention, à l’arrogance et au mépris face au peuple, ne relève pas de l’improvisation ou de l’emportement : elle est naturelle dans cette caste des nantis. L’Histoire de France regorge d’exemples de ce type. Cela finit toujours mal pour ceux qui se croient au-dessus de tout et de tous.

José Fort

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