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Loisirs › Bien manger

Quand nous savourions les brimbelles…

Evoquer la myrtille et me reviennent des souvenirs de vacances. Il nous plaisait de camper dans ces Alpes, chères à ma tendre mère, ou au bord des petits lacs pyrénéens.

L’histoire aurait pu tout autant se passer au Pays des volcans, dans les monts de la Franche-Comté, voire dans le Vivarais ou le Gévaudan, peut-être même en Bretagne… Chaque promenade était mise à profit pour chercher ces fragiles petites baies. Les coquines tachaient nos doigts et nos bouches gourmandes. Et nos habits aussi ! À défaut d’en faire provision, nos cueillettes ravissaient nos palais, rendant nos langues et nos lèvres violettes. Ma compagne et nos enfants les croquaient au fur et à mesure. Je préférais attendre pour ma part d’en avoir une poignée. Reste que nous revenions avec des paniers quasiment vides… L’acquisition de ces drôles de peignes de bois munis de longues dents - leur usage est aujourd’hui interdit dans nombre de régions, le ramassage étant lui-même de plus en plus réglementé - nous permit de ramener, non une abondance, mais suffisamment tout de même pour mitonner sur le petit réchaud de quoi remplir quelques pots. Nous réservions cette précieuse confiture pour les matins de fête ou pour redonner du sourire lors des chagrins enfantins !

Une baie aux mille et une vertus

Qu’on la nomme gueule noire, abrêtier ou maurette, luce, embrume, cousinier ou encore brimbelle dans ce massif vosgien l’ayant érigée en symbole, cette parente de l’airelle faisait déjà la joie de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs. Les bougres avaient perçu les mille et une vertus du fruit de ce rachitique arbrisseau se plaisant en montagne et sur sols acides et granitiques. Utile pour combattre le scorbut, l’eczéma, la dysenterie, la phlébite et les varices, l’hypertension artérielle, les affections intestinales ou cette vilaine blennoragie, l’enfant du myrtillier, dont nous ne consommons guère plus de 15 grammes par famille et par an, contre presque 2 kilos pour la fraise et presque 20 pour la pomme, est paré de propriétés antiseptiques et antioxydantes, astringentes et diurétiques. Censée réduire les diarrhées, interrompre la lactation, améliorer la circulation sanguine ou modérer les « affaires » de ces dames, l’adorable sauvageonne se doit également de prévenir du diabète, calmer les muqueuses irritées, limiter les chutes capillaires, désinfecter les muqueuses ou ralentir le vieillissement…
Alchimiste à ses heures, mais surtout illustre médecin et théologien du Moyen-Âge, Arnau de Vilanova la préconisait déjà pour les brûlures de l’entrefesse en recommandant un bain prolongé du derrière dans une infusion agrémentée de pétales de roses ! Et que dire de ses aptitudes à favoriser la vision nocturne qu’auraient découvertes les aviateurs britanniques durant la Seconde Guerre mondiale ?

Sucré ou aigre-doux pour la sauvageonne

Particulièrement abondante sur le mont ayant vu naître Zeus, d’où son surnom de « vigne de l’Ida », notre chère myrtille - vaccinium myrtillus disent les savants - est de plus en plus concurrencée par une neurasthénique cousine. S’étant faite domestiquer sur des arbustes pouvant dépasser les deux mètres, on trouve vaccinium corymbosum pratiquement tout au long de l’année. Sagement alignées dans leurs caissettes, des billes presque aussi grosses qu’un raisin… Usurpation d’identité ! Si sa peau est d’un beau bleu chatoyant, sa chair est toute pâle, certes juteuse mais nettement moins parfumée. Rien à voir avec ces saveurs subtiles, florales, boisées et élégamment acidulées, quoique un brin tannique, faisant merveille dans leur plus simple appareil, mariées avec d’autres petits fruits rouges ou noirs ou accommodées avec nuage de crème, louchette de fromage blanc ou cuillerée de yaourt. Je les aime en sorbet, en coulis, en marmelade ou en gelée et ne m’offusque aucunement de les découvrir à l’aigre-doux. Les associer à une volaille, pintade de préférence, à un gibier à plume ou une viande blanche est un vrai plaisir. Mais il serait impardonnable d’oublier la tarte, incontournable dessert des fermes auberges tant vosgiennes que jurassiennes, que l’on gagnera à déguster avec une eau-de-vie ou une douce liqueur de myrtilles !

Jacques Teyssier pour Vie nouvelle

 


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