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Ernest Pignon-Ernest au Palais des Papes

Depuis près de 60 ans, ses images grand format sur les murs des villes interpellent les citoyens. Une rétrospective rassemblant quelque 400 œuvres est présentée à la Grande chapelle du Palais des Papes d'Avignon à partir du 29 juin.

La démarche d'Ernest Pignon-Ernest est autant artistique que politique, s'inscrivant dans des lieux et des événements donnés. Comme il le déclare lui-même : « Un grand malentendu a consisté longtemps à privilégier mes dessins, à en faire l’œuvre même, à les considérer en oubliant qu'ils ne sont conçus (…) que dans la perspective de leur relation aux lieux ». Loin d'être de simples collages, ils sont des interventions cherchant à apostropher les habitants. Ainsi, quand en 1974, il colle ses « Immigrés » sur le bas des façades des belles maisons bourgeoises d'Avignon, ils sont enfermés dans un soupirail. « Cette image est née d’un dialogue avec un groupe de travailleurs immigrés d’Avignon. (…) Ce qui sautait aux yeux, c’est qu’ils étaient pratiquement tous cantonnés dans des tranchées ou dans des caves, qu’ils n’étaient littéralement pas au même niveau. » Même chose avec sa série des « Expulsés », montrant un couple avec valise et matelas roulé sous le bras, qu'il placarde de 1977 à 1979 sur les immeubles éventrés d'un Paris en pleine rénovation urbaine. Ernest Pignon-Ernest affiche ses convictions en même temps que ses dessins et prend clairement parti contre les injustices. En 1975, alors que la loi visant à légaliser l'avortement est débattue à l'Assemblée, l'artiste collera les images d'une femme nue agonisant pour signifier que les avortements clandestins tuent en premier lieu les femmes.

Photo: Myrabella / Wikimedia Commons 

Fantômes de résistants

Quand des centaines d’images d’une famille noire parquée derrière des barbelés surgissent à Nice en 1974, c'est pour dénoncer l'apartheid et s'opposer à la décision du conseil municipal de jumelage avec la ville du Cap en Afrique du Sud.
L'initiateur du street art a parcouru le monde et, en s'inspirant de l'histoire des lieux qu'il a investis, il a fait resurgir les spectres du passé pour mieux interpeller le présent comme l'avenir. Des figures de résistants sont venues rappeler leurs combats : le militant Maurice Audin dans les rues d'Alger en 2003 comme le poète palestinien Mahmoud Darwich à Ramallah en Palestine en 2009. Ernest Pignon-Ernest rendra encore hommage en 2015 au réalisateur Pier Paolo Pasolini, 40 ans après son assassinat, en dessinant son portrait, tenant dans ses bras son propre corps qu'il collera en Italie (notre photo).
Du 29 juin et jusqu'en février 2020, l'exposition « Ecce Homo » retrace le parcours d'Ernest Pignon-Ernest, de 1966 à nos jours. Près de 400 œuvres - photographies, collages, dessins au fusain, documents - seront ainsi exposées au Palais des Papes. Aux grands artistes, les grands lieux.

Amélie Meffre pour Vie nouvelle

Crédit photo une : Photo: Myrabella / Wikimedia Commons

Site officiel Ernest Pignon-Ernest et page Facebook

NOTE :
À lire le précieux « Face aux murs. Ernest Pignon-Ernest » qui rassemble une large sélection de ses œuvres éphémères, accompagnée des textes d'une cinquantaine d'auteurs, éditions Delpire, 30€.

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