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Salon artistique. L’art, la culture et le salariat

S’il est un thème qui ne vient pas spontanément dans les échanges et débats syndicaux, c’est bien celui des arts et de la culture en général. Ces sujets ne concerneraient-ils donc pas les travailleurs ? Trop « intellectuels » pour les intéresser ?

Pourtant, lorsque l’on se plonge dans l’histoire de la CGT, comme ce fut le cas en 2015, année anniversaire de ses 120 ans, on se rend compte qu’ouvrir le domaine de la culture à la classe ouvrière a été une démarche constante des directions de la confédération. Cela fut encore vrai, au mois de mai, à Dijon où la bataille pour la culture a été le fil rouge du 52ème congrès de la Cgt.

La CGT et monde des arts

Les « 120 ans » ont rappelé que la Cgt a été l’un des protagonistes de la création du festival de Cannes. Combien de militants et d’adhérents d’aujourd’hui savent que le premier palais des congrès a été construit bénévolement par des militants de la Cgt ? Qui se souvient du rôle joué par les Unions départementales et locales dans la naissance de festivals, tels ceux d’Avignon, d’Uzès ou encore celui du cinéma social de Narbonne, du livre de jeunesse de Rouen, de la marionnette à Charleville-Mézières ou des Escales de Saint-Nazaire… ?

Musique, chanson, cinéma, littérature, photographie, peinture et sculpture… Toutes les techniques de création artistique qui permettent aux humains de s’exprimer, de communiquer, de mieux se connaître et se comprendre sont indissociables de la bataille pour l’éducation et l’émancipation des classes populaires. Pour cela, la culture sous ses différentes formes est, et doit rester au cœur de la démarche de la Cgt et de ses organisations.

Les artistes ouvriers à l’honneur

Culture et création artistique ne sont pas le domaine privilégié d’une caste sociale. Le monde du travail doit y apposer son empreinte et revendiquer la richesse qu’il y apporte.
C’est bien ainsi que l’ont compris, dès 1951, les camarades de l’Union locale du Havre. Cette année-là, deux militants, Charles Nicolle de l’enseignement et Louis Eudier métallo, secrétaire de l’Union locale du Havre (et par ailleurs député de Seine-Maritime), décident de créer une exposition d’œuvres d’artistes ouvriers.
Symbole des réticences du syndicalisme à s’approprier le domaine artistique : les débats sur le nom à donner à cette initiative. Fallait-il l’appeler « salon » ou « exposition » ? « Salon » étant jugé trop « bourgeois » par une partie de la Commission exécutive, c’est donc « l’exposition des artistes ouvriers du Havre » qui verra le jour à la Bourse du Travail, à Franklin, comme l’appellent les militants. Elle aura pour thème « La Paix ». Ce n’est qu’en 1957 que l’exposition deviendra le « Salon des artistes ouvriers du Havre ».
En 1992, les grands salons de l’Hôtel de Ville du Havre accueillent la 40e édition. Le Prix de La Vie Ouvrière, décerné pour l’occasion, est attribué à Jean-Louis Le Moal, un docker havrais, passionné de peinture.
En 2002, le 50e anniversaire rend un hommage spécial au créateur du salon, Charles Nicolle.
Ainsi, année après année, le succès ne se démentant pas, le « Salon des artistes ouvriers » a pris sa place dans la culture normande. Des artistes s’y sont révélés et ont acquis une belle notoriété : Charles Nicolle, Roger Guerrant, Claude Gaignoux, Raymond Gosselin, Jean-Louis Le Moal…

Un salon unique en son genre

Il n’existe sans doute pas d’autre salon de cette ampleur, consacré au monde ouvrier, dans notre pays. Sa notoriété et son originalité lui ont acquis le soutien de la ville du Havre, renouvelé par les différentes équipes municipales, bien que passées du « rouge » au « bleu ».
La qualité et la diversité étaient au rendez-vous de la 67e édition qui s’est tenue du 16 mai au 6 juin 2019. Les nombreux visiteurs ne s’y sont pas trompés. Cent quatre artistes ont présenté leurs œuvres. Tous les styles, toutes les techniques étaient exposés : huile, acrylique, pastel, modelage, sculptures, mosaïque, émaux…
Onze prix sont venus récompenser les créations les plus remarquables dont celui décerné par Vie nouvelle à Chantal Carpentier pour son tableau « Attente dans la péniche ».
La diversité et la qualité des créations proposées dans ce 67e salon montrent combien l’art et la culture sont partie intégrante de la vie de bien des salariés et des retraités. Ces derniers trouvant enfin, dans cette nouvelle vie, le temps de se livrer à leur passion.

Hélène Salaün

 



Le prix Vie nouvelle 2019 à Chantal Carpentier


Chantal Carpentier, une artiste retraitée talentueuse du Mesnil-sous-Jumièges (76), nous a dit peindre depuis toujours. Les nombreuses expositions auxquelles elle a participé l’attestent. La création artistique est pour elle, non seulement un plaisir, un mode d’expression mais aussi une thérapie qui l’a énormément aidée à surmonter de dures épreuves dans sa vie professionnelle et plus récemment de graves problèmes de santé.
Distinguée par l’académie des Arts, sciences et lettres, elle en a reçu la médaille d’étain, le 2 juin 2018.
Le 6 juin 2019, c’est son tableau (huile) « Attente dans la péniche » qui lui a permis de recevoir le prix attribué par Vie nouvelle.
Toutes nos félicitations à l'artiste !


Crédits photos : Hélène Salaün

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