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Mylène Demongeot : Doutes, rage, désespoir, j’ai envie d’écraser tout ça !

Surprenant début d’entretien ; c’est elle qui pose les questions. Pourquoi les syndicats ont-ils si peu (trop peu selon elle) d’adhérents ? Quelles propositions pour un juste financement des retraites ? Pourquoi ce fatalisme des jeunes générations…? Je m’efforce de répondre au mieux.

Des austères Sorcières de Salem évoquant le maccarthisme au truculent Camping 3, devez-vous cette durable célébrité à la diversité des rôles que vous acceptez de jouer ?

Mylène Demongeot : J’adore jouer les méchantes. D’une façon générale, j’accepte un rôle si je sens que je vais pouvoir y apporter ma touche personnelle comme je le ressens. Cette façon de faire semble me réussir. C’est comme cela, par exemple, que j’ai abordé le rôle qu’on m’a confié dans la série TV, À l’intérieur, qui vient d’être diffusée sur France 2. Je ne suis pas trop mécontente de moi… La réalisatrice Josée Dayan m’a appelée pour me féliciter. « Quand travaillons-nous ensemble ? », lui ai-je répondu.

Association pour le droit à mourir dans la dignité, violence envers les animaux, interdiction des mines antipersonnel et même candidate à des élections politiques. Vous ne manquez pas d’engagements ?

Mylène Demongeot : J’ai en effet été candidate, il y a longtemps, sur la liste de Bernard Tapie. J’ai cru pouvoir y faire avancer des questions. Je me suis vite rendu compte qu’il « traçait » pour lui. Voitures à cocarde avec chauffeurs… ces gens-là se croient des coqs gaulois ; ils perdent toute lucidité. Je suis décidément trop franche pour faire de la politique.

Mourir dans la dignité, c’est tellement évident. De vieilles personnes implorent : « Faites-moi partir ! », disent-elles. À quel titre le leur refuse-t-on ?
Quant à mon engagement contre l’usage des mines antipersonnel, il est, lui, un prolongement de l’action que menait mon compagnon Marc Simenon. J’ai vécu son engagement. J’en ai pris le relais.

Et la violence faite aux animaux ?

Mylène Demongeot : Je ne suis pas totalitaire sur le sujet. C’est très facile de se laisser noyer dans la société de consommation. Sans s’en priver totalement, on peut réduire sa consommation de viande. Le petit veau a besoin du lait de sa mère jusqu’à l’âge adulte, ensuite il s’en passe. N’en est-il pas de même pour nous ? Quels que soient les sujets, dans ces engagements, je constate que c’est très dur de militer dans une France comme la nôtre à 49/51. Cela entraîne, aujourd’hui, de la violence. Pour mes prises de position, j’ai reçu des menaces, des insultes…

 

Vous voilà pessimiste. Ça ne vous ressemble pas ?

Mylène Demongeot : Lucide. Nous sommes de moins en moins dans un monde de bisounours. Cette télé nous vend un monde qui n’existe pas dans la réalité. Je crois que sciemment elle nous prépare à accepter les exigences et les drames que cette société engendre et va engendrer. Victime d’une escroquerie5, je me suis retrouvée un instant avec très peu pour vivre. J’ai eu peur. Je me suis battue, j’ai aujourd’hui récupéré une partie de mon bien. Mais j’ai pu mesurer ce qu’il en était pour celles et ceux qui ne disposent que de quelques centaines d’euros par mois pour vivre.

Même constat en ce qui concerne la condition féminine ?

Mylène Demongeot : Dans le monde du spectacle aussi, à talent égal, une comédienne est payée près de moitié moins qu’un comédien. Égalité ne veut rien dire. Il y a différence, oui. Mais elle ne doit tolérer aucune démarche de domination, supériorité ou discrimination…Ni a fortiori violence bien sûr. Ça n’est pas à la femme battue par son compagnon de partir. C’est le mec dehors et s’il approche de nouveau, le bracelet sonne !

Cette combativité nourrit l’image tonique et positive qui est la vôtre.

Mylène Demongeot : Oui, j’ai un côté combattante. Je ne veux pas que ce soit la vie qui, petit à petit, m’écrase. Je n’ai pas toujours la force nécessaire, j’ai des doutes, des rages, des désespoirs, de la fatigue, j’ai envie d’écraser tout cela ! »

Propos recueillis par Pierre Corneloup

Très chers escrocs…, Mylène Demongeot, 2019, éditions de l’Archipel, 18€.

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