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LE VIRTUEL MENACE-T-IL LA CULTURE ?

Avec la crise sanitaire et la fermeture des lieux culturels, Internet a permis de garder le lien avec les musées, le spectacle vivant ou le cinéma. Cet engouement pour les œuvres virtuelles ne risque-t-il pas de fragiliser la culture vive qui traverse une crise sans précédent ?

Épidémie oblige, les institutions culturelles ont déployé leurs ressources sur la Toile. Retransmissions de pièces de théâtre ou d’opéras, expositions virtuelles ou catalogues d’œuvres en ligne nous ont permis de découvrir à distance des créations. Ainsi comme le révèlent Sébastien Allard, conservateur au Louvre et Danièle Cohn, philosophe, dans un article de la revue Esprit de mai 2020 : « La fréquentation du site d’un musée comme le Louvre a décuplé depuis le début du confinement. Les visites virtuelles des expositions de la Bibliothèque nationale de France ont augmenté de 113 %, tandis que la diffusion en ligne de la Manon de Massenet, qui n’a pu être jouée que trois fois à l’Opéra de Paris, a été consultée plus de 370 000 fois ». Reste que la crise sanitaire risque d’avoir des répercussions importantes, accélérant la numérisation de la culture.

Musées virtuels

Avant même la crise, le développement du virtuel était dans les tuyaux pour pallier la baisse de fréquentation des musées. Ainsi, en France, le ministère de la Culture a lancé, dès 2017, le dispositif de Micro-folie, imaginé par Didier Fusillier, président de la Grande Halle de la Villette. Au cœur de celui-ci, un musée virtuel rassemble les chefs-d’œuvre numérisés de douze établissements culturels nationaux tels que le Centre Pompidou, le Château de Versailles, le Louvre, l’Opéra de Paris ou le musée d’Orsay. En accès libre, avec l’accompagnement de médiateurs ou de professeurs, les visiteurs peuvent écouter un concert, zoomer sur les œuvres ou parcourir le château de Versailles. Le but étant de s’implanter dans des lieux éloignés des grandes institutions. La première Micro-folie a vu le jour en janvier 2017 à Sevran en Seine-Saint-Denis. Avec un café, un atelier de pratique artistique et un espace scénique mis à disposition des associations locales et des artistes, le lieu mise sur la convivialité.

Depuis, plus d’une centaine de ces structures a vu le jour un peu partout en France y compris dans des villages. En juin 2019, Franck Riester, alors ministre de la Culture, annonçait le projet d’accélération de leur déploiement pour atteindre, d’ici 2022, 1000 lieux sur le territoire hexagonal et ultramarin. Maintenant, si ces initiatives permettent de découvrir virtuellement des œuvres, elles ne remplacent pas la rencontre directe. Comme le déclarait Sébastien Allard au micro de France Culture en décembre 2020 : « le virtuel est une porte d’entrée mais qui doit conduire à l’accès direct et réel à l’œuvre ». Et de rappeler l’importance de la scénographie d’une exposition, la découverte inattendue d’œuvres auxquelles on ne s’attendait pas et la concentration nécessaire pour les admirer. « On se concentre de moins en moins devant les œuvres sur écran, on les fait défiler. » Les craintes sont d’autant plus vives en pleine crise sanitaire : « le secteur pourra-t-il survivre à un tout-virtuel que le capitalisme numérique, dans lequel nous entrons, encouragera pour des raisons d’économie ? »

Du grand au petit écran

« Nous sommes auteurs, réalisateurs et réalisatrices et nous sommes inquiets pour l’avenir du cinéma. Le 31 mars, le Gouvernement risque d’entériner un décret particulièrement favorable aux plates-formes de streaming. » Le 10 mars 2021, dans une tribune du Monde, une centaine d’artistes, parmi lesquels Jacques Audiard, Claire Denis ou Agnès Jaoui, redoutaient le raccourcissement des délais permettant aux plates-formes de diffuser des films après leur sortie en salles. Une menace qui pèse sur la primeur des salles obscures comme sur le financement des films. Début avril, pour éviter l’embouteillage de films à la réouverture des cinémas après de longs mois de fermeture, le Centre national du cinéma (CNC) décidait d’accorder une dérogation exceptionnelle aux producteurs de films pour qu’ils puissent les sortir directement en vidéo à la demande ou les vendre à des plates-formes comme Netflix ou Amazon Prime Video. Et quand Ted Sarandos, le PDG de Netflix déclare : « Si le public ne se montre plus dans les salles mais reste à la maison, il faut s’adapter. Regarder un film au cinéma pourrait devenir de plus en plus rare », il y a du mouron à se faire.

Amélie Meffre

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