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LA RETRAITE PAR POINTS A DU PLOMB DANS L’AILE

Le président Macron n’ose plus dire qu’il reprendra tel quel le projet de retraite par points, visant à réduire les droits à pension des futurs retraités. Mais le combat continue pour un juste système par répartition et pour le relèvement des pensions suite à des années de perte de pouvoir d’achat.

À moins d’un an de l’élection présidentielle qui aura lieu en avril 2022, il est possible que la réforme du système de retraite ne revienne pas telle quelle devant le Parlement. Mais l’idée continue d’être défendue, y compris dans un rapport de 510 pages remis le 24 juin au chef de l’État par Jean Tirole, prix Nobel d’économie en 2014, et Olivier Blanchard, ancien économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI).

Aux futurs retraités et retraitées du secteur privé qui cotisent au régime de base de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav), la retraite par points fut présentée de façon mensongère par le président de la République. Selon lui, le calcul de la pension serait plus équitable qu’avec le système actuel, du fait de la prise en compte de tous les points acquis par chaque cotisant durant sa carrière. Sauf que ce système efface toute forme de solidarité dans le calcul de la pension.

Délitement des pensions

Pour le comprendre, il faut remonter aux pensions versées par la Cnav avant la réforme Balladur, mise en place à partir de 1994. Pour les natifs d’avant 1934, le calcul de la pension retenait le salaire moyen des dix meilleures années du cotisant. Celui-ci bénéficiait d’une pension complète s’il avait cotisé durant 150 trimestres, soit 37,5 années. Pour les natifs de 1934, la pension a été calculée sur les 11 meilleures années et ainsi de suite, avec un an de plus chaque année, pour aboutir au calcul sur les 25 meilleures années chez les natifs de 1948 et après.

Pire que la réforme Balladur

La réforme Balladur faisait aussi augmenter la durée de cotisation d’un trimestre par an pour atteindre 160 trimestres pour les natifs de 1944 et après.
Elle a donc fait reculer le volet solidaire du calcul des pensions mis en place à la Libération. Du coup, les victimes de licenciements suivis de périodes de chômage, les femmes qui se sont arrêtées de travailler pour élever leurs enfants, ont vu leurs droits à pension se réduire via le passage aux 25 meilleures années et aux 160 trimestres. Néanmoins, calculer la pension à partir des droits acquis durant les 25 meilleures années, sur un total de 40 ou plus, améliore encore la pension chez les personnes victimes de la précarité et du chômage durant leur carrière. Le système par points ne permet pas cette correction. Ce projet est donc pire que la réforme Balladur.

Inverser les priorités

Suite aux actions menées par les actifs et les retraités ces dernières années, il se murmure que ce projet sera modifié pour être centré sur la nécessité de combler le déficit des systèmes de retraite. Aux dernières nouvelles, il serait question d’une retraite à 64 ans, au lieu de 62 actuellement. Selon le Conseil d’orientation des retraites (COR), le besoin de financement permettant de combler le déficit dans les 25 prochaines années serait de 14 milliards d’euros de rentrées financières supplémentaires par an en moyenne. C’est l’équivalent de 0,6% du Produit intérieur brut (PIB) de la France.

En 2020, année de récession économique, pour les raisons que l’on sait, le financement des pensions de retraite correspondait à 14,7% du PIB pour plus de 20% de la population française. Il est donc possible d’accorder une juste pension à tous les retraités qui ont cotisé pour acquérir ces droits. D’autant qu’ils sont nombreux à rendre des services à la société en travaillant bénévolement dans les associations, comme auprès de leurs petits-enfants. Parallèlement, la pension moyenne est d’un peu plus de 1 300€ nets par mois en France. Ce qui veut dire aussi que beaucoup de pensions sont nettement plus faibles et rendent la vie très difficile, comme l’a montré France2 dans l’émission Envoyé spécial du 24 juin dernier.

Entre 2009 et 2018, les dividendes versés aux actionnaires ont augmenté de 70%, tandis que le Smic ne progressait que de 12%. Il est donc temps d’inverser les priorités, ce qui alimentera aussi les caisses de retraite.

Gérard Le Puill

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