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Rose Laurens : « Je suis une pessimiste pleine d'espoir. »


Révélée dans le rôle de Fantine par Robert Hossein, c’est Africa qui lui offrira un succès mondial. L’artiste sensible est revenue avec nous sur sa carrière.

 

Rose Laurens vient de mettre fébrilement la dernière touche à son nouvel album issu de sa rencontre surprenante avec Pierre Palmade, auteur des textes. Lunettes noires relevées haut sur le front, silhouette pleine d’élégance, la chanteuse n’a pas plus de rides que cette chanson, Africa, qui l’a rendue célèbre dans les années 80 et que les plus jeunes connaissent et chantent encore.

Rose Laurens ce n’est pas « Radio nostalgie » pour autant. Elle assume sans réserve cet immense succès populaire qui lui a valu l’Album d’or. « Et à l’époque ça voulait dire quelque chose » insiste-t-elle. « Cette jolie petite chose nous a mené dans toute l’Europe et même jusqu’à New-York, lorsque la version anglaise nous a ouvert le monde. Africa, c’est un travail d’équipe. Du sur-mesure à la note et au mot près. J’ai voulu cette chanson. C’est grâce à elle que ma vie d’artiste a commencé. C’est elle qui m’a rendue crédible. »

N’est-ce pas un peu frustrant d’être à ce point marquée par une seule chanson ?


« C’est le cas d’un grand nombre d’artistes qui ont eu LE grand succès qui leur colle à la peau. Ce que nous cherchons, c’est la rencontre avec le public. Tant que l’on n’y est pas parvenu, on chante chez soi et ce n’est pas le but de ce métier. Je souhaiterais à tous les artistes ce qui m’est arrivé avec Africa. Ceux qui vous apprécient sans plus en restent là, les autres vont plus loin. »

Vous avez été Fantine dans Les misérables de Victor Hugo mis en scène par Robert Hossein et vous avez fait le tour du monde dans ce rôle.

« Oui c’est un souvenir extraordinaire. De la même façon que Robert Hossein a flashé sur moi pour le rôle, un des auteurs, Michel Schoenberg, recherchait une voix précise, introuvable… Il m’a entendue et a dit : c’est elle que je veux ! »

Votre carrière est faite de longues disparitions et de soudaines réapparitions comme aujourd’hui avec des textes de Pierre Palmade. Convenez que votre parcours ne manque pas d’imprévus.

« Ma vie est celle d’un être humain. Avec des moments fabuleux, intenses et d’autres douloureux avec des choix à faire, y compris celui de tout arrêter. »

Difficiles ces retours ?

« Mon public est d’une fidélité rare. Que devenez-vous ? Quand vous entendra-t-on de nouveau ? J’ai cette relation très belle avec lui. Le retour à la scène est pour octobre. L’histoire de ce nouvel album découle d’une rencontre fortuite avec Pierre Palmade : des textes sensibles, un peu comme un parallèle avec le cinéma italien qui part et parle des choses de la vie, avec ses joies et ses clins d’œil. Cela donne des textes d’une énergie fabuleuse et d’une grande sensibilité. »

Pierre Palmade et Rose Laurens, c’est quand même un couple improbable ?

« Je vous l’accorde ! C’est comme la rencontre inattendue de deux planètes. J’ai toujours été une fan de tous les domaines de sa création. Il faut que j’aime humainement et artistiquement ceux avec qui je décide de travailler. C’est le cas. Pierre m’a demandé où j’en étais de ma vie, quelque chose s’est passé et m’a conduit à le solliciter pour écrire les paroles de cet album. Il a dit oui. Et il m’a fait du sur-mesure ! Chaque mot est désiré, attendu. »

ADN, est le titre de cet album. Vous avez donc un ADN commun avec Pierre Palmade ?

« Non ! Notre rencontre est à l’instar des paroles de cette chanson dont j’ai tout de suite senti qu’elle devait en être le titre : « ADN c’est ma vie qui coule dans mes veines et jamais les gênes ne nous gênent ». Il y a là cet espoir que - au-delà des différences et dans le respect de ces différences - la rencontre est possible et riche. C’est toute la question du vivre ensemble que pose finalement cette chanson. C’est important en ce moment. Et ça le sera encore plus pour les générations qui arrivent. »

Le climat actuel vous inquiète ?

« Vous comprendrez que ces questions parlent plus fort à mon oreille compte tenu de mes origines qui ont valu les persécutions que l’on sait et dont ont été victimes plusieurs membres de ma famille. [Rose Laurens de son vrai nom Rose Podwojny est d’origine polonaise, ndlr] Il faut être aujourd’hui plus qu’hier encore vigilants et sensibles sur ces questions. Il faut s’accepter et accepter cet enrichissement que constituent la culture et la différence de l’autre. Ces valeurs doivent s’enseigner dès l’école. Nous sommes des êtres humains et je suis une sorte de pessimiste pleine d’espoir. Dans les moments les plus durs, il y a toujours un sursaut. Le titre et le contenu de mon dernier album disent, à leur manière, un peu tout cela. »

Que voudriez-vous dire aux lectrices et lecteurs de Vie nouvelle ?

« Qu’ils et elles vivent leur retraite intensément, en considérant chaque moment de leur vie comme un instant précieux. La dernière chanson de mon album évoque aussi l’importance de dire à temps que l’on aime, avant de regretter d’avoir, sans le dire, laissé le temps s’enfuir. Et puis j’ai aussi envie de leur dire : on peut et il faut continuer le combat ! »

Propos recueillis par Pierre Corneloup

 

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