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Amazon, l'enfer du décor

Pour les 2 500 salariés d’Amazon, société leader de la distribution domestique, le modèle ultra-libéral de l’entreprise transforme la révolution numérique en galère. Oui mais c’est sans compter sur la Cgt qui bouscule la logique.

À Montélimar, en 2013 Jean-Baptiste Malet, journaliste, se faisait embaucher comme pickeur dans l’entrepôt logistique de la multinationale Amazon. Il en a sorti un livre(1) décrivant cet univers implacable du commerce de détail non alimentaire où les couches culottes côtoient les oeuvres complètes de Victor Hugo, dans un ballet de rotations. La performance physique y est poussée à l’extrême sous un contrôle sécuritaire humiliant.

« La situation est toujours la même », nous dit Alain Jeault, délégué syndical central de la Cgt Amazon, qui coordonne les syndicats des quatre sites, Chalon-sur-Saône, Douai, Orléans et Montélimar. « À un détail près, la Cgt a, depuis trois ans, conforté son implantation ».

Réponse syndicale

La Cgt représente désormais près de 30 % des salariés, avec 10 représentants du personnel répartis sur tous les sites. 200 salariés ont pris leur carte et le courant d’adhésion se poursuit. « Nous nous attaquons, poursuit-il, à la question des salaires qui sont très bas (environ 1 250 €), des conditions de travail indécentes (cadences infernales, heures supplémentaires imposées) et une sécurité non respectée notamment lorsqu’il y a surchauffe de commandes. Nous luttons aussi contre la discrimination syndicale pratiquée dans tout le groupe à l’encontre des syndiqués et élus CGT exclus de toute promotion professionnelle. »

La Cgt revendique une augmentation de 200 € par mois ; la direction propose 6 € net. La participation des salariés aux bénéfices est passée de 800 € annuels à 500 € environ pendant que les profits du groupe sont comptabilisés en hausse.

Au Luxembourg sous la houlette du patron, Jeff Bezos, troisième fortune mondiale, le staff d’encadrement est conditionné, pendant que la grande majorité des salariés est exclue de la formation. Autre mobilisation, l’emploi. « Nous avons déjà obtenu 75 conversions d’interim en CDI à Chalon. C’est une première victoire, mais nous voulons bien plus, d’autant que 450 intérims sont toujours présents sur le site. »

Solidarité contre la loi Travail

« Dans ce contexte, conclut-il, la lutte contre la loi Travail est tout à fait d’actualité au point que la direction est dans les starting blocks pour imposer aux salariés des chevauchements d’équipe provoquant l’aggravation des conditions de travail. Nous nous mobilisons contre ce nouveau coup dur antisocial, en collaboration avec les unions départementales, avec les salariés des autres entreprises de distribution comme la Socla, Saint Gobain, Darty, LDLC (groupe de vente en ligne), Carrefour, etc ». La lutte continue.

Dossier paru dans Vie NOuvelle

(1) Jean Baptiste Malet, En Amazonie. Infiltré dans le « meilleurdes mondes », éditions Fayard, 2013.

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