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La répartition, pour une retraite juste et sûre

À entendre et à lire les propos tenus par des candidats à l’élection présidentielle de 2017, le système de retraite par répartition imaginé et mis en place par Ambroise Croizat ne serait plus en mesure de financer les retraites aujourd’hui. Qu’en est-il vraiment ?

Dans le cadre du système de retraite par répartition du secteur privé, ce sont les cotisations des salariés actifs qui permettent de financer les pensions des retraités et qui leur donnent le droit à une retraite en travaillant assez longtemps pour valider le nombre de trimestres nécessaires. Jusqu’à la réforme décidée par le gouvernement Balladur en 1994, il fallait cotiser 150 trimestres pour bénéficier d’une retraite à taux plein payée par la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav). On est ensuite passé progressivement à 160, puis à 164 et 168 trimestres au fil des réformes.

Les cotisations à l'abri des marchés financiers

En 2015, la pension brute moyenne payée par la Cnav était de 1 066€ et versée à 13,8 millions d’hommes et de femmes. Les rentrées de cotisations de la Cnav ne sont pas capitalisées et ne risquent pas d’être brûlées en Bourse. Elles servent à payer les pensions des actuels retraités qui avaient aussi cotisé pour gagner des droits en finançant les pensions de leurs aînés. C’est le principe de la solidarité entre les générations.

La cause persistante du déficit

Un rapport du Conseil d’orientation des retraites, publié en décembre 2012, montrait que le déficit du régime général du secteur privé augmentait d’année en année. Il ne rentrait pas assez d’argent dans les caisses de retraites au regard de ce qu’il fallait sortir pour payer les pensions. Pourquoi ? Parce que le patronat précarise l’emploi et que le chômage augmente malgré les « baisses de charges » consenties aux entreprises.

Au 31 août dernier, la France métropolitaine comptait 3 556 000 chômeurs en catégorie A, soit 633 900 de plus qu’à l’arrivée de François Hollande à l’Elysée. Durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, le nombre de chômeurs de catégorie A avait aussi augmenté de 600 000. Depuis 2012, le nombre de chômeurs en catégorie A, B et C a augmenté de 1 170 900 personnes. Autant de cotisants en moins.

Coût du CICE : entre 300 000 et 600 000 € par emploi !

Le 29 septembre dernier, jour de la manifestation des retraités, trois études d’universitaires analysaient le coût du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi(CICE), dont ont bénéficié les patrons, soit 20 milliards d’euros par an pour le budget de l’État, depuis qu’il fonctionne à plein régime. Il a permis de créer entre 50 000 et 100000 emplois nouveaux entre le début de 2013 et la fin de 2014. Dit autrement, l’État a dépensé entre 300 000€ et 600000€ durant ces deux années pour chaque emploi créé grâce au CICE.

En réalité, les caisses de retraites manquent d’argent parce que le patronat a été encouragé à délocaliser ses productions industrielles dans les pays à bas coûts de main-d’œuvre depuis 40 ans. Les lecteurs de Vie nouvellequi ont perdu leur travail, parfois à plusieurs reprises, connaissent les dégâts de cette politique.

Quand on retrouve un travail, on repart souvent avec un salaire plus bas, ce qui donne aussi moins de cotisations pour les caisses de retraite. Il reste que de tous les régimes, notre système par répartition demeure encore le plus équitable et le moins risqué. Y compris pour les jeunes travailleurs que les financiers tentent de tirer vers les systèmes par capitalisation en leur disant qu’ils n’auront pas de retraite tout en cotisant pour les vieux.


Gérard Le Puill

 

Fonds de pension, la grande arnaque

Mettre la main sur les retraites représente un aboutissement important pour le capitalisme.
Alors que l’argument majeur énoncé par la Banque Mondiale pour défendre ce système est le libre arbitre, nous assistons à une main mise des spéculateurs sur ces fonds de pension et à leur placement dans des fonds à risque via des mécanismes tortueux.
Derrière les discours sur l’âge de la retraite, le montant des cotisations et la durée de vie se cache tout simplement un objectif : la privatisation à terme des retraites, et l’appropriation par les banques et compagnies d’assurance de ces sommes énormes économisées au fil des ans par les salariés, ces sommes qui permettent depuis des années au capitalisme de jouer… avec notre argent !
La main mise sur l’argent et les économies des ouvriers et employés, stade suprême du capitalisme ? J.F.

 

 

La Sécurité sociale ? Conquête d’un droit solidaire

L’ordonnance qui crée la Sécurité sociale paraît le 4 octobre 1945. La protection sociale, qui relevait jusque là des « Assurances sociales » (loi du 5 avril 1928, combattue par les patrons d'entreprises jusqu'à la nouvelle loi du 1er juillet 1930), ne protégeait contre la maladie qu'une faible partie des salariés et de leurs ayants droit. À peine un tiers de la population française... Le système était anarchique, avec une multitude de caisses patronales, confessionnelles, syndicales, mutuelles, concurrentes entre elles et n'offrant pour la plupart qu'une protection aléatoire. Pour les retraites (loi de 1910), la couverture est dérisoire ou inexistante. Pas plus d'un million de Français en bénéficient, alors que 5 millions d'entre eux pourraient y prétendre et n'ont pour seuls recours que la charité et leurs économies.

La Sécurité sociale devient un droit fondamental, universel, obligatoire et solidaire et non un mécanisme d'assurance couvrant un risque. Dans l'esprit du ministre communiste Ambroize Croizat, le véritable artisan de cette fantastique avancée sociale, la Sécurité sociale devait couvrir tous les travailleurs, salariés ou non (loi du 22 mars 1946). Les non-salariés (petits commerçants, professions libérales et artisans notamment) refusèrent par la voix de leurs responsables, qui n'acceptaient pas de se laisser assimiler à de « vulgaires prolétaires ». Beaucoup le regretteront. J.F.

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