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Retraites. 1322 euros, un privilège ?

Cent euros de moins que le Smic brut d’un salarié, c’est la moyenne des revenus des retraités en France. Et, un million d’entre euxvivent sous le seuil de pauvreté, soit avec moins de 987 euros.

« Les privilèges » sont pourtant le prétexte du gel des pensions des retraités présenté comme le moindre mal face aux conséquences d’une mondialisation qui impose ses règles. C’est le crédo récurrent répété en boucle dans les principaux médias, des bons élèves de l’Europe financière et des ardents défenseurs des paradis fiscaux. Certes, certains efforts, minimes ont été faits pour les petites retraites, notamment obtenus grâce à nos luttes, mais ils ne font pas le compte, loin s’en faut.

Cette situation a pour effet de diminuer le pouvoir d’achat de millions de foyers dans un contexte où la population de 60 ans et plus ne fait que s’appauvrir, les carrières professionnelles étant de plus en plus précaires avec l’effet pernicieux du chômage et l’entrée de plus en plus tard dans le monde du travail.

La politique malthusienne menée à l’encontre des retraités, depuis des décennies,oblige donc de plus en plus d’entre eux à faire des petits boulots, quand ils le peuvent, pour arrondir leurs fins de mois. Par conséquent, nombreux sont ceux qui retardent leur départ en retraite.

« Les retraités aisés auront une contribution
supérieure mais la CSG n’augmentera pas
pour les 40 % de retraités qui touchent des
petites pensions inférieures à 1 200 euros »
.

Edouard Philippe, Premier ministre

Donc selon lui on est un retraité aisé avec
1201€ de retraite par mois !                                            

La solidarité fragilisée

Ce qui est utilisé par certains pour justifier, de manière infondée, l’allongement de la durée de la carrière professionnelle. L’effet va à l’inverse de l’objectif recherché puisque beaucoup de salariés âgés se retrouvent au chômage avant leur retraite.Autre conséquence, les retraités d’aujourd’hui ont de plus en plus de mal à aider leurs enfants, à se soigner, à profiter d’une retraite à laquelle ils ont droit, après une vie de labeur au service de leur pays. Ils sont aussi de plus en plus nombreux à être éloignés de force de la vie sociale dans laquelle, pourtant, ils ont été particulièrement actifs, dans les associations, les syndicats et dans la vie économique, sociale et politique.

L’essor des nouvelles technologies et le progrès scientifique en général pourraient permettre un épanouissement sans précédent des retraités dans une société plus juste. Mais tout a été fait pour culpabiliser les générations qui ont connu des moments moins durs pour l’emploi, certes pour beaucoup, mais qui ont aussi œuvré pour empêcher notre société de devenir le champ de bataille de tous les égoïsmes.

Etre moderne, c’est augmenter les pensions

Le combat que mène la Cgt retraités pour améliorer leurs conditions de vie n’est ni d’arrière-garde ni indécent. Il est particulièrement vital pour notre économie, pour notre vie et aussi celle de nos enfants et petits-enfants. Pour mémoire, nous revendiquons un minimum retraite aligné sur le Smic, un taux des pensions de réversion porté à 75%, sans conditions d’âge ni de ressources. Nous sommes opposés à toute augmentation de la CSG ainsi qu’à un alignement de la CSG des retraités sur celle des actifs. Nous demandons la suppression de la contribution additionnelle de solidarité pour l'autonomie de 0,3 % (CASA).

Nous revendiquons le rétablissement de la demi-part supplémentaire pour le calcul de l’impôt sur le revenu pour les personnes vivant seules et ayant élevé au moins un enfant, le rétablissement de l’exonération de la majoration de pension pour les parents de 3 enfants et plus.Nous sommes opposés à la remise en cause du quotient familial pour le calcul de l’impôt sur le revenu.

Allons chercher les moyens

Ceux qui nous culpabilisent continuent à piller les richesses de la Nation et si certains, parfois, se font prendre, ils ne sont que l’arbre qui cache la forêt. Ils disent, à grand renfort de pédagogie médiatique, que les caisses de l’État sont vides. C’est la rengaine habituelle et pourtant de l’argent, il en pleut. Mais avec le Crédit d’impôt pour la compétitivité des entreprises (Cice), 30 milliards d’euros s’évaporent et servent essentiellement à arroser les grandes fortunes. Dans le même temps, on évalue à 80 milliards la fuite des capitaux dans les paradis fiscaux.

Les moyens existent donc pour remplir les caisses.Cette situation scandaleuse ne fait que nourrir la gangrène d’un chômage récurrent et l’installation en masse de la précarité.Tout cela fragilise le dispositif de solidarité et pérennise le scandale d’un hold-up permanent.

Quels que soient les discours séduisants que le nouveau pouvoir utilise déjà dans la foulée du précédent, en promettant des baisses d’impôts, l’appauvrissement de la majorité des retraités continuera. Rien ne changera donc si l’argent volé n’est pas restitué et utilisé pour rétablir la justice et le bien-être de toutes et tous. L’urgence est là et le possible à notre portée, si le rapport de force le permet.

Yvon Huet

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