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Services publics. Destructions programmées

Les missions des services publics en ligne de mire. La privatisation s’installe sur fond de précarité. Les usagers deviennent des clients. Bien mal traités. Enquête.

Le processus de libéralisation de l’économie enclenché depuis plus de trente ans s’est développé d’abord lentement pour s’accélérer avec le mandat de François Hollande. Il nous est proposé « la totale » sous le quinquennat Macron. Pas de changement donc, mais continuité. Que ce soit dans les domainesdu service public qui ont été privatisés ou dans ceux qui sont en cours de liquidation pour cause de privatisation, la logique de destruction de tout ce qui est collectif et public poursuit inlassablement sa course de fond.

Deux lois et leurs effets

– Le 6 août 2015,la loi pour la croissance et l’activité, dite « loi Macron », prenait effet. Le texte, souvent qualifié de fourre-tout, visait à libérer l’activité économique en introduisant plus de concurrence, notamment dans les secteurs réglementés. Parmi ces mesures : élargissement des possibilités d’ouverture des commerces le dimanche et la nuit, libéralisation des transports par cars grâce à la suppression du monopole de la SNCF, etc.

– Le 8 août 2016, la loi travail, dite « loi El Khomri »,a suscité une forte opposition. En cause, notamment, une disposition qui permet aux accords d’entreprises de déroger aux accords de branches, remettant en cause l’esprit même du Code du travail, en fragilisant le statut de tous les salariés.
Dans ce contexte, le constat d’une inscription dans la vie même de la société des dispositions libérales se fait très simplement, au quotidien. Ainsi, lorsqu’au mois d’août, dans le 14e arrondissement de Paris, vous voulez envoyer un courrier et le faire peser, vous n’allez plus à la Poste qui est fermée avant éventuelle liquidation, mais chez Franprix où une caissière, dans un magasin ouvert de 9 à 22 heures, 7 jours sur 7, vous fera payer le timbre pour l’envoi. Ce que l’on peut affirmer pour la capitale l’est a fortiori pour de plus petites agglomérations et des villages où parfois un seul lieu offrira tous les services qui étaient assurés hier par le secteur public.

Les retraités premières victimes

Dans ce tableau noir imposé, les retraités payent leur part, pour de multiples raisons. Ils assistent sur le vif à la décadence des services publics et la subissent aux premières loges. Le comble de l’indécence, en matière de relation « de service », c’est la proposition de La Poste de faire payer des visites à domicile par les facteurs pour s’occuper des personnes âgées. Et c’est sans compter l’arnaque des télécommunications, désormais totalement privées, qui redoublent de surenchère pour qu’on en arrive à des services gratuitsou presque au départ et qui s’avèrent au final de plus en plus chers pour celles et ceux qui ne savent pas se débrouiller seuls dans unlabyrinthe où on n’a jamais la personne qu’il faut au bout du fil.

Construire la réponse collective

Le mode de vie imposé à la majorité de la population a modifié le rapport des citoyens aux services. Cela oblige à réinventer l’alternative. La nécessité du service public doit devenir une priorité. En convaincre les gens et en particulier les retraités est un combat difficile parce beaucoup de terrain a déjà été perdu. Pour le reprendre il faut, même si cela n’est pas toujours facile à réaliser tant les habitudes ont été prises, partir de l’existant pour faire du neuf, donc du collectif.

Ce qui change la donne, c’est qu’il faudra le faire en étant particulièrement attentif à tous ces jeunes et moins jeunes qui se sont lancés dans des activités de commerce et d’artisanat et essayent de survivre dans des conditions difficiles, notamment dans le secteur privé de la sous-traitance dont les règles sont a priori antisociales.

Ils sont très nombreux et participent à la chaîne des services sans être pour autant des champions du libéralisme. Ce sont des travailleuses et des travailleurs avec lesquels il faudra trouver le moyen de tisser un lien de solidarité et de construction commune, en relation avec les salariés des services publics et les usagers que nous sommes. De la nostalgie à l’innovation, le pas peut se franchir très naturellement. C’est le moment.

Dossier Vie nouvelle : Services publics : usagers ou clients ?

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