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Bien-être animal, droits et devoirs

Qu'un animal soit destiné à être consommé ou cajolé, le respect de son bien-être est le reflet d'une éthique sociétale. Aucune civilisation n'a jamais infligé d'aussi dures souffrances aux animaux au nom d’une production rationalisée au coût le plus bas. Le Salon de l’agriculture qui se termine ce dimanche à Paris n’a guère abordé ce problème…

Peut-on donner une trop grande importance au bien-être animal alors que le bien être humain et ses droits fondamentaux ne sont toujours pas satisfaits pour la plupart des hommes de par le monde ? Y-a-t-il un ordre d’exigence ? Faut-il envisager l'élimination complète de toute utilisation des animaux ? Ou défendre l'idée que les humains ont une responsabilité morale à l'égard des animaux en supprimant leur souffrance pendant leur vie ou au travail ?

Principe de l’OIE

L'organisation intergouvernementale de la santé animale (OIE) a défini les principes conditionnant le bien-être animal :
• ne pas souffrir de faim, de soif et de contrainte physique. Avoir accès à de l'eau fraîche et à une nourriture adaptée à ses besoins ;
• être indemne de douleurs, de blessures et de maladies ;
• avoir la liberté d'exprimer des comportements normaux ;
• être protégé de la peur et de la détresse.

La simple application de ces principes dans nos élevages supprimerait une grande partie de cette souffrance animale qui nous déshonore :
- Fini l'élevage des poules pondeuses en cages superposées !
- Suppression de l'autorisation des « fermes de 1000 vaches » où les bovins vivent toute leur vie dans des logettes de béton sans voir le ciel !
- Interdiction de faire mettre bas des truies dans des espaces ne leur permettant pas de se retourner sur elles-mêmes !
- Changement de pratiques dans les abattoirs où l'on a vu des animaux torturés avant d'être achevés par des bourreaux en tenue blanche !

Des scènes d'une telle barbarie donnent des haut-le-cœur. Quand ces maltraitances sont possibles sans aucune sanction, avec même parfois la complicité des acteurs du système productiviste (vendeurs de matériels agricoles, fabricants d'aliments pour animaux, industrie agro-alimentaire), le doute gagne les Français quant aux normes et à la confiance dans les organismes publics de contrôle dépendant du gouvernement.

Se donner les moyens d’agir

Ces actes ignobles doivent être combattus et sanctionnés en donnant aux autorités censées les empêcher les moyens nécessaires au respect de la loi et à l'accomplissement de leurs missions. Cédant aux pressions des syndicats patronaux qui se plaignent de « harcèlement normatif », les gouvernements successifs continuent de démanteler les effectifs des services de contrôles sanitaire et agricole. L'efficacité de la puissance publique qui peut empêcher le marché de magouiller s'en trouve amoindrie.

L'élevage carcéral des animaux ne peut que produire des aliments de moindre qualité, voire à risque sanitaire pour la population. Rappelons-nous la vache folle, le scandale de la viande de cheval, les œufs contaminés par un insecticide, le lait pour nourrisson infecté par des salmonelles etc.

Aux pratiques douteuses viennent s'ajouter les conséquences de l'importation, le transport des animaux dans des conditions ignobles (dans le froid, sans eau, sans nourriture, avec brutalité) et la déréglementation.

Ce n'est pas la multiplication des labels invérifiables par le simple consommateur qui rendra la confiance aux Français. Il conviendrait plutôt de mettre en place des services vétérinaires compétents, en nombre suffisant, indépendants des puissances de l'agro-alimentaire et ayant un réel pouvoir décisionnel.

Yolande Bachelier


Bon à savoir

Comment faire le choix de consommation favorisant des modes de production respectueux des animaux, sans se fier aux décors mensongers présentés sur les emballages, en privilégiant les produits français, pour éviter les transports traumatisants ?
Pour les œufs c'est assez facile, le mode d'élevage est imprimé sur la coquille, il suffit de le décrypter :
FRO : œuf de poule élevée en plein air avec au moins 2,5m² de terrain extérieur par poule nourrie avec une alimentation biologique.
FR1 : œuf de poule élevée en plein air avec au moins 2,5m² de terrain extérieur.
FR2 : œuf de poule élevée au sol, élevage intensif en intérieur, 9 poules au m².
FR3 : œuf de poule élevée en cage18 poules au m².
Pour les viandes, choisir les circuits courts de producteurs à consommateurs, car plus de 80% des volailles sont élevées dans des bâtiments sans fenêtre. Les bovins et les ovins, jusqu'à maintenant, passent la plus grande partie de leur vie au pâturage. Quant aux porcs, plus de 90% d'entre eux sont élevés en intérieur avec en moyenne 180 truies par élevage.


 

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