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Mai 1968. Cannes, un Festival de contestations

Le 21ème Festival de Cannes s’ouvre le 10 mai et doit se poursuivre jusqu’au 24, comme si de rien n’était. Mais de jeunes réalisateurs présents en réclament l’arrêt, en solidarité avec les étudiants et les ouvriers. Une belle empoignade pour un moment-clé du cinéma français.

Le Festival de Cannes, dont la Cgt est l'une des organisations fondatrices en 1946, est devenu une institution internationale. Un événement toujours aussi magique, mais qui est désormais surtout un rendez-vous du cinéma commercial mondial. Et comme chacun sait, le marché n’a pas d’états d’âme. La situation a beau être explosive dans le pays, les organisateurs sont surtout préoccupés de son bon déroulement. C’était compter sans la détermination des jeunes réalisateurs et techniciens réunis à Cannes. Ils vont mettre le Festival à l’heure de la contestation qui s’étend à toutes les professions.

Le 10 mai, première nuit des barricades à Paris, le Festival de Cannes s’est pourtant ouvert en grande pompe, sous les paillettes, le champagne et le défilé des stars. Mais le samedi 18 mai, lors d’une réunion-débat sur l'affaire Langlois dans la salle Jean Cocteau, la question de l’arrêt du Festival est posée par François Truffaut et Jean-Luc Godard, notamment. En février, l’affaire Langlois, du nom du créateur de la Cinémathèque française, écarté par le ministre Malraux, puis réintégré sous la pression des professionnels du cinéma, avait donné le ton de la contestation d’une industrie du cinéma toujours plus commerciale.

Refus de l’indifférence

Débat houleux entre les organisateurs et de nombreux réalisateurs, acteurs et techniciens qui refusent que le Festival se déroule dans l’indifférence totale de ce qui se passe dans le pays. Claude Berri clame: « Il y a des événements en France. On ne peut pas les ignorer. » Jean-Luc Godard ajoute : « Il s'agit de manifester, avec un retard d'une semaine et demie, la solidarité du cinéma avec les mouvements étudiants et ouvriers. La seule manière de le faire est d'arrêter immédiatement toute projection. »

Mais le président du Festival s’entête. Ce qui donnera lieu à une scène devenue célèbre : le réalisateur Carlos Saura s'accrochant au rideau de scène pour empêcher la projection de son film Peppermint frappé, assisté de Géraldine Chaplin et de Jean-Luc Godard !

Le lendemain, dimanche 19 mai, Robert Fabre Le Bret, le président du Festival, annonce, en fin de matinée, l'arrêt du 21ème Festival de Cannes. Et le monde du cinéma entre dans le mouvement de mai.

Pascal Santoni

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