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Josiane Balasko : un engagement citoyen

La grève des cheminots, son agenda surbooké… A défaut et à regret nous convenons donc d’une rencontre téléphonée. Je lui envoie mes questions qu’elle n’a peut-être pas toutes lues lorsqu'elle me rappelle. Notre conversation part dans tous les sens…Quoi que…

Votre temps passe vite parce que vous êtes une « touche à tout » : comédienne, scénariste, dialoguiste, romancière…. ?

Josiane Balasko : « Au départ je ne voulais pas être actrice, je penchais plutôt vers la déco… Puis j’ai découvert le théâtre en suivant les cours de Tania Balachova. Mes débuts avec la bande du Splendid ont répondu à cet aspect touche à tout…On y faisait tout : l’ouvreuse, les décors et costumes… et on jouait. Et j’ai découvert que j’aimais bien ça. Je n’avais pas un physique de jeune première. (C’était Thierry Lhermite le beau gosse de la bande) mais je me suis dit que je pouvais me faire une place dans le comique. Les actrices comiques, même les plus grandes (Jacqueline Maillan, Pauline Carton…) étaient toujours des seconds rôles. Pourquoi les filles ne seraient pas des premiers rôles comiques ?!…C’est à cette époque que j’ai joué « Les hommes préfèrent les grosses ».

La place des femmes dans la société est une question actuelle, y compris dans la dimension sociétale de l’évolution des mœurs et la tolérance. Vous c’est dès 1995 que vous livrez au public « Gazon maudit ». Osé, non ?

Josiane Balasko : La question de l’homosexualité était quelquefois abordée mais, là encore, au masculin….à l’exception d’une évocation furtive, au féminin, dans le film « Quai des orfèvres ». J’ai donc eu l’idée de parler de cette question de façon drôle….mais qui a peut être aidé à « équilibrer » les discussions sur ce thème. Le beau succès de ce film m’a de ce point de vue rassuré.

Les « balanceurs et balanceuses de porc » vous émeuvent ?

Josiane Balasko : Cette révolte est bien sûr logique et justifiée. Combien de femmes sont harcelées dans leur vie dans leur travail, leurs plaintes non reçues ou classées sans suites… Je crois que les femmes, depuis qu’elles sont toutes petites filles, doivent apprendre à se défendre. Et l’on doit les aider à considérer qu’elles sont légitimes à cela.

« Tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents communistes » est un autre film attaché à votre nom. Pensez-vous que les origines sociales et politiques soient des « marqueurs indélébiles » pour chacun de nous ?

Les personnages de ce film sont inspirés de personnages existants. J’ai de très bons souvenirs des militants communistes. Ils inspirent un très grand respect qui va au-delà de la seule référence à leur appartenance historique au « Parti des fusillés ». J’ai été élevée dans un bistrot de quartier populaire que mes parents tenaient. J’écoutais les discussions, les évocations du vécu de chacun, leurs différences. Cela ne peut laisser personne intact. C’est la vie ! Je crois donc que la grande question pour se fabriquer soi- même c’est de rencontrer et d’être attentif à beaucoup de gens.

Le dossier de ce Vie nouvelle porte sur « le vieillissement ». Comment va le vôtre de vieillissement ?

« Dans chaque vieux il y a un jeune qui se demande ce qui s’est passé » disait Groucho Marx. J’aime beaucoup cette approche du temps qui passe. Hier on avait 20 ans …Aujourd’hui 60 (68 exactement pour ce qui me concerne !) Comment en est-on si vite arrivé là ?! Je pense surtout à la façon dont est abordée la réalité d’une population qui certes vit plus longtemps …mais si souvent de plus en plus mal. Ce qui fut possible à une époque ne l’est plus aujourd’hui dans la prise en charge par la famille de leurs parents vieillissants. La question pour la société est donc bien celle des moyens qu’elle se donne. ….Et de ce point de vue - on voit ce qui se passe dans les EHPAD - ce n’est pas à vous que je vais apprendre combien sont criants les manques de moyens pour répondre humainement à cette situation.

Notre société, comment va-t-elle ?

Je vous le dis franchement, j’ai voté Macron à défaut d’autre chose. Mais tout aussi franchement je vous le dis : on s’est fait avoir. Ok vaut mieux la rougeole que le cholera ….Mais franchement la rougeole ce n’est pas terrible non plus !

Et ça se soigne comment d’ après vous ?

Oui bien sûr par les grèves. Et je crois aussi par ce que j’appelle un beaucoup plus grand engagement citoyen du quotidien qui va au-delà du seul moment de la grève et du vote.

Propos recueillis par Pierre Corneloup


A ne pas manquer. « Bécassine » le film de Bruno Podalydés auquel Josiane Balasko apporte une savoureuse contribution. Adapté de la célèbre héroïne de la bande dessinée de notre enfance. Sortie en juin.

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