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Quand la vie sous Macron devient insupportable

Un mouvement social inédit sur base d’exaspération est né en France. Qui aurait pu prévoir l’irruption des gilets jaunes ? Les questions sur l’avenir de ce mouvement se posent évidemment. Le 5 février est une étape importante dans la convergence des luttes en faveur du pouvoir d’achat et de la justice sociale. D’autres viendront.

Il y a des signes qui ne trompent pas. Depuis plusieurs mois, la colère et la mobilisation des retraités avaient atteint des niveaux inégalés : participation en nette hausse aux manifestations, signature massive des pétitions, multiplication des initiatives publiques.

Les retraités, une cible privilégiée du pouvoir

Dès son installation aux affaires, le duo Macron/Philippe entouré de ministres aux portefeuilles plus que bien garnis avait déclenché une guerre sans merci contre les retraités sous le fallacieux prétexte de solidarité avec les jeunes. D’un coup, d’un seul, les retraités transformés en nantis devaient passer à la caisse et garder la tête basse. Raté.

Les images des rassemblements autour des ronds points dans toute la France et dans les rues des grandes villes sont saisissantes : des jeunes et des aînés, des femmes en nombre et de tous âges, toutes et tous mêlés dans la fraternitéet la solidarité.Pour beaucoup, des primo manifestants, des hommes et des femmes sans rapport direct avec les syndicats heureusement rejoints pardes militants de la Cgt et particulièrement de l’UCR-CGT. Il y a des moments historiques qu’il ne faut pas louper.

Le déclic et le mouvement de colère

Déclencheur du mouvement : la hausse des carburants.Puis, très vite, le couvercle de la colère a sauté avec des revendications portant essentiellement sur le pouvoir d’achat, sur la justice fiscale, deux thèmes que le gouvernement souhaite écarter du « Grand débat » qu’il organise sous un enfumage savamment dosé.

Pouvoir d’achat, justice fiscale

Cet enfumage, il est possible de le dissiper avec pour outils les principales revendications : hausse du Smic, augmentation des salaires et des pensions, annulation de la CSG pour tous ceux et celles qui la subissent encore, rétablissement de l’impôt sur la grande fortune, arrêt du versement des milliards d’euros aux entreprises bénéficiaires, action contre l’évasion fiscale. Des revendications portées par la Cgt depuis des années, particulièrement depuis l’arrivée de Macron au pouvoir. Faut-il s’en offusquer ou plutôt s’en féliciter ? N’y a-t-il pas toujours quelque chose de différent dans l’identique ?

Soyons clairs. L’extrême droite a tenté de dévoyer le mouvement et des slogans de haine, racistes, antisémites et xénophobes ont été entendus ici et là. Des provocateurs infiltrés dans les rassemblements ont permis à des « grands médias » de diffuser des images à faire frissonner le bourgeois etles campagnes. Les violences commises par une petite minorité bien organisée et parfois inspirée depuis certains milieux proches du pouvoir n’ont rien à voir avec le mouvement pacifiste et revendicatif.

Comme une odeur nauséabonde

Autre chose est la violence d’État qui a pris des dimensions dignes d’une République bananière. Onze morts, collatéraux, peut-être, mais bien morts, 1500 blessés souvent graves, 5000 interpellations, condamnations expéditives. Luc Ferry, ancien ministre et théoricien de la droite, a souhaité que les policiers fassent usage de leurs armes, un prolongement des traditions familiales, son aïeul, Jules, s’étant illustréavec Thiers lors du massacre de la Commune de Paris. Dans le même temps, des membres du gouvernement ont invité à la délation. Ne flotterait-il pas sur la France comme une odeur nauséabonde ?

Convergence des colères et des luttes

Alors ? La balle est dans le camp de Macron et de son gouvernement. S’ils s’en tiennent à de fumeuses promesses, s’ils refusent de répondre aux revendications sur le pouvoir d’achat et la justice sociale et fiscale, il y a fort à parier que la colère ne s’éteindra pas. Au contraire, elle prendra de l’ampleur et rassemblera d’autres secteurs de la population, des salariés et des retraités. Et si le pouvoir se maintient dans une posture arrogante, qu’il se souvienne que le mépris de l’autre a toujours été la seule façon de combler sa propre vacuité.

Il va falloir aider le soldat Macron et son gouvernement à revenir sur terre. Il va falloir le conduire non pas à écouter, mais à entendre. Il va falloir l’obliger à répondre aux justes revendications des retraités, des salariés, de toutes celles et tous ceux qui ne supportent plus le mal-vivre et sortent du silence alors que d’autres s’enrichissent toujours plus.

Souvenez-vous. Il était de bon ton dans certains milieux de brocarder la « convergence des luttes » préconisée par la Cgt. Elle se met progressivement en place et sera un gage pour vivre dans la dignité, la fraternité et l’espoir.

José Fort

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