Le Magazine de l'UCR
je m'abonne
Espace diffuseur
Actualités › Actu

Miossec : « La légitimité des luttes éclate au grand jour ! »

Miossec aurait été « le régional de l’étape » pour le numéro de Vie nouvelle devant paraître au moment de l’ouverture du 12e Congrès de l’UCR-CGT à Saint-Malo… Sauf qu’un méchant virus a tout bousculé ! Le congrès a été reporté. Cette rencontre a eu lieu au téléphone ; le confinement avait été décidé la veille. Un échange qui a tourné en boucle autour de cette actualité…

Comment vivez- vous ce moment ?

Miossec  : « Restez chez vous ! » Bien sûr !… Mais que fait-on des 160 000 personnes qui, aujourd’hui, dans notre pays, n’ont pas de chez eux ? Je suis moins inquiet pour moi que pour des proches que je sais un peu malades. Je suis un peu planqué… Les bras m’en tombent de cet incivisme de ceux qui ont désormais du papier toilette pour au moins un an et demi ! Nous sommes en « occupation » par ce virus. Nous sommes « en guerre » contre ce virus, a dit Macron. J’ai l’impression que certains démontrent par leur comportement qu’ils ont oublié l’histoire pas si ancienne de leur pays !

Ce qui vous a fait dire : « L’esprit de Pétain n’est pas mort ! »

Miossec  : Oui. C’est ce que je ressens. On devrait pourtant s’améliorer à partir de ces terribles leçons du passé 

Pessimiste donc ?

MiossecIndécrottable optimiste, malgré tout ! Cette bataille engagée contre le virus, c’est comme celle à engager pour le climat. Bien que je pense que pour le climat, les jeux sont déjà faits. Pour moi, la question est maintenant de savoir comment on gère, dès aujourd’hui, et comment on va gérer au mieux, demain, les conséquences désormais irréversibles de ces réalités. Dès aujourd’hui !

Et l’artiste citoyen dans ce contexte ?

Miossec : Je pense que pas mal de gens vont se remettre en question. Ils se retrouvent chez eux, des journées entières. Leur lien avec le spectacle vivant est pour l’instant rompu. Mais le temps disponible du retour, ou de la découverte d’autres vecteurs de la culture que provoque cette actualité devrait, peut-être, nous conduire à sortir moins idiots de ces moments.

Plus largement, toutes les questions qui faisaient encore hier la légitimité des luttes éclatent au grand jour. À la lumière crue de cette crise sanitaire, je pense évidemment aux personnels soignants, à leur lutte pour être entendus et qu’on s’est refusé à écouter. Vous entendez, on parle de nouveau de « nationalisations », de « coûte que coûte » !… On jure que « demain, on fera ce qu’il faut ! » C’est nouveau ce langage… Mais quel passage à l’acte ? C’est plus que jamais la question qui est sur la table !

[Ndlr : Au fil des longs jours qui ont suivi cette rencontre, la réflexion de tous a poursuivi son chemin. Celle de Miossec aussi, acteur, parmi d’autres, de cette culture dont les circonstances nous font redécouvrir l’importance lorsqu’elle se trouve d’un coup nettoyée de ses paillettes et de ses parts de marché !]

Retour sur soi…

Miossec est confiné chez lui dans le Finistère, loin de ce « Paris où l’on se tient chaud et où l’on juge le pays… » Dans une longue interview donnée, le 5 avril, au quotidien local, Le Télégramme, il explique que son existence était déjà faite de ces moments où il se confine « pour écrire et se ressourcer ». Il ne pensait pas qu’un jour ce confinement lui serait imposé. « Tout le monde est dans la situation d’un retour sur soi… dans une dimension vertigineuse des faits… tous les scénarios hollywoodiens sont balayés. » … « Pour les artistes, c’est compliqué et dangereux. Ils n’existent que par ce qu’ils ont pu créer auparavant. Dans un premier temps, je n’ai pas écrit. Je m’y suis remis… C’est essentiel pour l’hygiène psychologique et intellectuelle… »

… en se posant les bonnes questions

Lors de notre « télé-rencontre » avec Miossec, il avait assuré être un « indécrottable optimiste ». Vingt jours après, il confie dans cette interview au Télégramme : « On ne sait pas sur quel pied on va tomber… et, dans une situation compliquée de retournement accéléré du sens des choses, à l’échelle de la planète, il faut se poser les bonnes questions, individuellement et pour la collectivité… Les frontières sont abolies par une pandémie, mais elles se dressent plus que jamais ! On pensait bien que le système allait être attaqué, mais pas par un virus ! » Et il ajoute : « On n’a pas le droit de ne pas être optimiste, quand on voit ce que font les personnels hospitaliers ! »
Et de conclure : « Tout nous hurle aux oreilles… si on veut bien l’entendre ! »

Propos recueillis par Pierre Corneloup

"Brest" Miossec et Nolwenn Leroy

Préparer ma retraite
Vous vous interrogez sur la date exacte de votre départ à la retraite.Sur la date à partir de laquelle vous devez faire valoir vos droits à la retraite, les démarches à entreprendre, le montant de votre ou vos pensions...

Lire la suite

Mes droits en chiffres
Retraites, Pensions, Allocations, Minima, Sécurité sociale, CMU, APA, SMIC, RSA; Prix, Loyers...

Lire la suite

Ce qu'il faut savoir
Taxe d'habitation : degrevement ou pas ? Nouveau !

Lire la suite

TEMOINS
Françoise Vagner

"J'ai tout aimé de ce que j'ai fait à la CGT". Ancienne secrétaire générale de l'UCR CGT, Françoise revient sur sa vie de militante et de dirigeante de la CGT.

Lire la suite