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Météo-France. Au-delà des bulletins météo

Napoléon III fut le premier à considérer la météorologie comme une affaire d’État. Après maintes transformations au cours de son histoire, Météo-France est devenu, en 1993, un Établissement public administratif, service officiel français de la météo et de la climatologie. Il exerce les responsabilités de l’État en matière de sécurité météorologique des personnes et des biens.

Il est loin le temps où, dans le petit écran, le commentateur de la météo, accompagné de sa petite grenouille, faisait sourire les téléspectateurs. Aujourd'hui, personne ne conteste la fiabilité des prévisions de Météo-France, chargé de surveiller 24h/24h l'atmosphère, la surface des océans, le manteau neigeux et d'en prévoir les évolutions.

L'organisme d'État qui dépend du ministère de la Transition écologique et solidaire publie des cartes de vigilance en cas de prévisions de phénomènes dangereux (inondations, sécheresse, canicule, pollution de l'air, tempêtes, orages, vagues de submersion, grand froid, neige, verglas, avalanches, vent violent) diffusées par les médias. Il produit les prévisions journalières ou hebdomadaires des conditions atmosphériques et climatiques avec les températures pour la France et les Dom-Tom.

Il apporte son soutien aux autres services de l'État pour la surveillance de la qualité de l'air, la dispersion des pollens ou des pollutions accidentelles, la prévention des risques nucléaires. Il fournit une assistance technique à la navigation aérienne, à l'armée et à divers « clients », tels que les professionnels de l'énergie, du BTP, de l'agriculture et les collectivités. Il participe à l'élaboration des politiques d'adaptation au changement climatique.

La prévision du temps, cœur de métier de Météo-France, ne peut s'élaborer qu'à partir d'observations précises, nombreuses et fiables, collectées sur tout le territoire.

Les observations

Les phénomènes météorologiques se produisent dans la partie de l'atmosphère qui s'étend du sol à une trentaine de kilomètres d'altitude. Leurs observations doivent être faites au sol et en altitude sur l'ensemble de la planète. La température, le vent, l'humidité et la pression atmosphérique sont les paramètres observés. Les moyens sont multiples : les radars, les satellites, le réseau de détection de la foudre, les radiosondages, les capteurs embarqués (avions, bateaux), les stations en surface, les lidars¹ et les sodars², sortes de radars équipant les aéroports pour détecter les brouillards et les vents.

Toutes les observations sont traitées pour en extraire des informations utiles au modèle de prévision. Plus de 22 millions de données sont utilisées chaque jour, anciennes ou récentes, pour établir une prévision. Des milliards de calculs sont nécessaires à la résolution des équations mathématiques qui traduisent l'évolution de l'atmosphère. Météo-France utilise plusieurs supercalculateurs. Leur puissance de calcul crête dépasse les 5 pétaflops³.

Les prévisions

Malgré cette super intelligence artificielle, l'expertise des prévisionnistes est indispensable pour choisir parmi les scenarii quel est le « produit de prévision » le mieux adapté aux utilisateurs.
C'est dans les années 70 que la météo va s'imposer doucement sur les antennes de télévision. Mais le dispositif de vigilance n'apparaît qu'en 2001 couvrant cinq types d'aléas : vent violent, fortes précipitations, orages, neige/verglas, et avalanches. Depuis 2015, quatre autres phénomènes sont venus s'ajouter : canicule, grand froid, inondation et vagues de submersion.

Si ce dispositif avait existé lors de la tempête de décembre 1999, ce sont 46 départements qui auraient été mis en vigilance rouge et 19 en orange. Depuis, des leçons ont été tirées de ce cataclysme : 700 000 km de lignes électriques ont été enterrées, 3 milliards d'euros ont été investis pour renforcer les pylônes afin d'éviter l'effet domino et 2 600 groupes électrogènes sont prêts à être déployés en 24 heures. Ces mesures seront-elles suffisantes dans le contexte de réchauffement climatique ?

Evelyne Dhéliat déjà…

En 2014, Évelyne Dhéliat avait présenté des prévisions d'une météo futuriste de juillet 2050 préparée par Météo-France. La carte montrait des températures de 40°C sur la majeure partie du territoire. Et le 25 juillet 2019, soit seulement 5 ans après, il a fait 42,6°C à Paris !

Selon une étude de Météo-France, depuis 1945, un tiers des départements métropolitains ont déjà connu un pic de chaleur à 39°C. L'année 2019 a fait tomber les records : 46°C, le 28 juillet à Verargues-Entre-vignes dans l'Hérault et 45,9°C, le 25 juin à Gallargues-le-Montreux dans le Gard.
Seuls trois départements n'ont jamais connu de température supérieure à 39°C : la Manche, le Territoire-de-Belfort et le Finistère.

La multiplication des records de température montre que le changement climatique s’accélère, il y a urgence à prendre des décisions courageuses car il ne reste que peu de temps pour réagir efficacement.

Yolande Bachelier


1- Lidar : La télédétection par laser ou lidar est une technique de mesure à distance fondée sur l'analyse des propriétés d'un faisceau de lumière renvoyé vers son émetteur.
2- Un sodar est un appareil de télédétection en météorologie qui utilise les ondes sonores pour mesurer la vitesse et la direction des vents en altitude ainsi que la structure thermodynamique et la turbulence dans les basses couches de l'atmosphère terrestre.
3- Le flop est l'unité de performance d'un système informatique.

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