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Délocalisation. Les factures de la désindustrialisation

Une étude du Fonds monétaire international (FMI) publiée le 24 juin, indique que la récession économique imputable au coronavirus sera, en 2020, de moins 10,2% en moyenne dans la zone euro. Elle sera de 12,5% en France, mais de 7,8% en Allemagne. Cette différence provient de l’ampleur des délocalisations industrielles imputables aux multinationales françaises depuis près de 40 ans.

Les retraités d’aujourd’hui ont été nombreux à perdre leur emploi à l’occasion d’une délocalisation. Rien qu’entre 2006 et 2015, ce sont 630 000 emplois productifs qui ont été détruits dans l’industrie manufacturière en France. Un bilan commun à Nicolas Sarkozy et François Hollande, mais qui promet d’être pire sous la présidence de Macron, suite aux annonces de dizaines de milliers de suppressions d’emplois déjà faites par Renault, Air France, Airbus et même Sanofi qui avait promis des embauches devant Macron !

Un commerce extérieur en déficit

Divisée par deux en 20 ans, la part du secteur industriel dans le Produit intérieur brut (PIB) est tombée à 12%, contre 23% en Allemagne et en République Tchèque, 20% en Slovaquie, en Slovénie et en Roumanie, 19% en Hongrie et 17% en Pologne où les salaires sont trois fois plus bas qu’en France. Du coup, notre commerce extérieur connaît un déficit annuel croissant depuis 2004 et atteint désormais 60 milliards d’euros sur un an. Parmi les rares secteurs excédentaires, figurent les vins et spiritueux, les produits laitiers et surtout le tourisme, durement impacté en cette année 2020.

Nous touchons là l’autre faiblesse de l’économie française. Les recettes des hôtels, des restaurants, des salles de remise en forme, des parcs à thème, de la Tour Eiffel et même des magasins Fauchon, une enseigne de luxe mise récemment en redressement judiciaire, dépendront beaucoup de l’argent que les ménages français et les touristes étrangers pourront et voudront dépenser.

Un secteur tertiaire fragile

C’est désormais la grande fragilité de l’économie française, le secteur tertiaire fournissant aujourd’hui 77% de l’emploi total du pays, contre 20,5% pour le secondaire, le reste étant pour une agriculture désormais très mécanisée.

Le nombre des faillites pourrait croître sensiblement dans les métiers dépendant du tourisme et des loisirs cette année, avec de plus en plus de licenciements au fil des mois. Parallèlement, les firmes industrielles donneuses d’ordres tenteront d’imposer des baisses de prix à leurs fournisseurs, voire passeront plus de commandes à leurs filiales déjà délocalisées. Voilà qui n’annonce rien de bon pour la Sécurité sociale, pour l’Unedic et pour les caisses de retraites.

Plus que jamais, la combativité syndicale reste donc à l’ordre du jour. Y compris pour les retraités.

Gérard Le Puill

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