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La valse infernale du libéralisme

Une série noire de réformes libérales a été mise en place depuis des dizaines d’années et a permis aux puissants de renforcer leurs positions, au point de remettre en cause ce qu’on appelle encore le modèle social français.

Le rêve de la sortie des « contraintes » vendu aux travailleurs anglais par Margaret Thatcher, puis Tony Blair, c’est celui que Macron essaie aujourd’hui d’imposer en France en utilisant les directives d’une Europe majoritairement gérée par les relayeurs des puissances financières.

Le bilan de la gouvernance libérale décomplexée est désastreux pour une écrasante majorité de Français et juteux pour une petite minorité qui se partage l’immense gâteau des profits. Et cela crée 10 millions de pauvres, auxquels il faut ajouter tous les jours la cohorte de nouveaux licenciés et précarisés, de retraités pauvres défavorisés par des carrières en gruyère où les trous sont de plus en plus béants. Le niveau de vie des dites « couches moyennes » baisse et la rémunération du travail a chuté de moitié depuis les années 1970. La lecture de la presse économique nous le démontre. Le Cac40 ne s’est jamais si bien porté et les grands comptes n’ont pas été touchés par la crise sanitaire avec, pour certains, la prime à l’opportunité, notamment dans l’industrie pharmaceutique et l’économie du net, dont les profits explosent et dont une partie substantielle va se cacher à l’ombre des paradis fiscaux.

Un monde défiguré

Pour les travailleurs, cela se concrétise par le dépeçage des conventions collectives, la généralisation de la précarité et la course au moins disant sur fond de chantage à la délocalisation. La jeunesse est priée de rentrer dans la vie sous le contrôle des banques, exhortée à accepter le principe de la survie et les retraités sont incités à combler le déficit public créé par le pillage des richesses, les plus faibles d’entre eux étant abandonnés dans l’ombre de l’indifférence. On n’est pas étonné, dans ces conditions, de voir à quel point les ONG et les associations de solidarité sont plus débordées aujourd’hui qu’elles ne l’étaient au sortir de la Seconde Guerre mondiale.
La privatisation des services publics, le recul des droits du monde du travail, la chasse aux syndicalistes dans les entreprises et le règne sans partage des injonctions patronales ne font qu’accentuer l’addition des fractures qui aboutissent à une déconnexion entre les citoyens et les décideurs, qu’ils soient économiques ou politiques. Cette déconnexion aboutit au spectacle d’une crise démocratique majeure dont les effets sont incontrôlables.

Ce qui faisait la fierté de la France, cette capacité à harmoniser la gratuité des soins et le choix de son parcours de santé est battu en brèche. Il y a désormais une médecine pour les riches et une autre pour les pauvres, dans une course effrénée pour arriver au modèle états-unien, dont les Américains essaient de se sortir aujourd’hui, pendant que l’équipe de Macron en fait son credo. La gestion de la crise sanitaire qui a vu l’hôpital public crouler sous la pression des urgences en est un exemple criant.

L’émergence d’une petite reine qui n’a rien d’une bicyclette, tous pour un et rien pour tous, nous met face à un incontournable choix de société. Le libéralisme financier, forme actuelle d’un capitalisme qui a régné pendant deux siècles, est bien l’ennemi numéro un de la condition humaine. Il faut tout faire pour en sortir et remettre en musique la partition de la solidarité.

Yvon Huet


Privé/Public : Qui sert la démocratie ?

Nombre d’électeurs arrêtent leur choix définitif à partir des professions de foi. Ils utilisent même le bulletin de vote reçu dans leur boîte aux lettres pour l’exprimer… En ces temps de virus, on n’est jamais trop prudent ! Or près de 5millions d’électeurs potentiels n’ont pas reçu ce matériel pour les élections régionales et départementales qui se sont tenues en juin dernier.

Pourquoi ce scandale ? Parce que, depuis 2009, les gouvernements qui se sont succédé ont décidé de confier une partie de la distribution de ces matériels au privé. D’abord et surtout soucieuse de ses profits, l’entreprise désignée emploie pour quelques jours des personnes qu’elle paye « à coup de trique », sans formation ni expérience. Ces personnes doivent même utiliser leur véhicule personnel pour ce travail. Faute des indications nécessaires, certains font au mieux, déposant le paquet devant la Mairie et advienne que pourra !

Ça n’explique pas le niveau de l’abstention, mais ça l’éclaire… Certains politiques, dépités, engueulent même leurs électeurs, alors qu’ils ont approuvé et reconduit, depuis 12 ans, ce calamiteux bradage au privé.

Trois questions « idiotes » se posent :
- Sur quel contenu d’exigence le Gouvernement a-t-il passé le marché ?
- Les deniers publics vont-ils régler la facture comme si le boulot avait été bien fait ?
- Que fait-on du contrat qui court avec cette entreprise jusqu’en 2024 ?

La distribution de l’autre partie de ce matériel est, heureusement, toujours confiée à La Poste. Malgré le bradage dont elle est l’objet, grâce à la conscience professionnelle d’un personnel formé, avec un statut, et motivé par sa mission au service du public, la quasi intégralité des documents est parvenue à temps aux destinataires. Le directeur de La Poste le reconnaît lui-même.
Alors ? La garantie de la démocratie est-elle dans le bradage au privé ou dans des services publics bien lotis et employant des personnels bien considérés ?
La réponse à cette question n’est-elle pas aussi dans les urnes ?

P.C.


 

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