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Vent syndical en Canigou

Michel Chabasse, secrétaire de l'USR des Pyrénées-Orientales fait le point de la mobilisation. Ici comme ailleurs, la situation des retraités s'est dégradée depuis les mesures gouvernementales sur la CSG, entre autres. La riposte se construit sur tous les fronts.

Comment la Cgt-retraités a-t-elle organisé la lutte sur le terrain et quelles sont les perspectives d'ici la fin de l'année pour amplifier la mobilisation ?

Michel Chabasse : Depuis 4 ans qu’existe l’USR 66, nous nous sommes inscrits dans une unité syndicale et associative qui rassemble FO, Solidaires, la FSU, la FGR, LSR et l’UNRPA. Cette unité nous a permis des rassemblements de plus en plus larges, de 300 à 400 manifestants, il y a 3 ans, à 3 500 personnes lors de la manifestation de mars dernier.

Nous existons dans quelques grandes entreprises du département et plus particulièrement à la SNCF, à La Poste et à EDF. À notre dernier congrès, nous avons pris les décisions de construire un cahier revendicatif en territoire, de nous développer autour des UL, soit par la mise en place de collectifs ou de sections syndicales multiprofessionnels et d’aller à la rencontre des retraités sur les marchés de façon plus régulière.

Nous avons organisé la diffusion du film La Sociale avec LSR 66 dans des villages. Au cours des sept rencontres, nous avons eu un débat sur l’histoire de la Sécurité sociale, mais aussi sur les enjeux de la défendre aujourd’hui. Ces initiatives ont rassemblé 315 personnes.

Nous avons participé pour la 1ère fois au Salon des seniors. Ce qui nous a permis d’aller durant 2 jours à la rencontre d’une partie des retraités de notre département et de diffuser largement Vie nouvelle. Notre objectif, à court ou moyen terme, est de nous développer afin de pouvoir aller à la rencontre des 143 000 retraités du département, soit un tiers de la population. Nous ne devons pas perdre de vue qu’à l’horizon 2040, la population retraitée représentera un peu plus de 33% de la population locale, soit environ 200 000 personnes. Dans le département, la population retraitée est un enjeu économique et social majeur.

Le 22 septembre, a eu lieu la fête de la Cgt à Alenya en présence de Philippe Martinez. Comment s'organise la convergence entre les retraités et les actifs pour créer les conditions d'un rassemblement unitaire et de masse ?

Nous sommes partie prenante de l’ensemble des luttes que mènent les actifs et plus particulièrement des luttes qui touchent aux services publics, pour leur défense et leur développement. Je pense à la lutte des cheminots, mais aussi celle du train jaune, ligne de vie entre la plaine et la Cerdagne. Après des mois de lutte, nous sommes particulièrement satisfaits qu'une convention ait été signée avec la Région et la SNCF pour son maintien.

Actifs et retraités, nous avons mené et gagné la bataille pour la gratuité du parking de l’hôpital de Perpignan.

Depuis peu, nous avons engagé une pétition pour les transports gratuits pour les retraités et les chômeurs. Cette question fait débat chez les politiques et nous espérons qu’elle sera au cœur de la campagne des municipales ; certains candidats potentiels en font déjà état.
À partir de notre engagement au CDCA, nous voulons construire des luttes retraités/actifs contre les déserts médicaux, mais aussi pour la défense et le développement de la protection sociale et des retraites.

Les 5 et 6 décembre prochainS, vous organisez un moment fort au mémorial de Rivesaltes pour activer la mobilisation contre le racisme et l'exclusion ? Comment cela se présente-il ?

Ces journées font partie d’un cycle initié dans le cadre de la Ferpa (Fédération européenne des retraités et personnes âgées) par la Cgt avec les CCOO (Espagne) et la CGIL (Italie). Des débats ont déjà eu lieu dans les deux pays et à Marseille. Avec l’IHS 66, nous avons décidé de nous inscrire dans cette démarche au regard de l’histoire de notre département, la proximité avec l’Espagne et l’histoire de la Guerre d’Espagne, mais aussi l’importance des réfugiés suite à la Guerre d’Algérie.

De plus, les Pyrénées-Orientales sont particulièrement confrontées à une montée du racisme, de l’exclusion avec l’importance accrue de l'extrême droite. Nous avons choisi de faire ces journées au camp de Rivesaltes. Ce lieu a une histoire qui remonte au siècle dernier : tout d’abord camp militaire, devenu camp d’internement pour les réfugiés espagnols puis les harkis et jusqu’en 2013, camp de rétention pour les immigrés en instance de retour dans leur pays.

Nous avons choisi de considérer la xénophobie comme arme de division de la classe ouvrière. Nous aurons trois temps de débat avec des intervenants différents : Dominique Noguères, vice-présidente de la Ligue des Droits de l'Homme, Nicolas Lebourg, historien enseignant à l'université de Montpellier, spécialiste de l'extrême droite, et Jean Sagne, président honoraire de l'université de Perpignan.

Nous traiterons de :
– la xénophobie à travers les temps, de la réponse syndicale faite par le passé pour lutter contre elle ;
– de l’utilisation de la xénophobie faite par le FN aujourd’hui et quelle construction de réponse nous devons avoir tous ensemble.
Enfin, nous diffuserons le film Les ninos d’Ivry.

Pour nous, ces deux jours doivent être le début de la construction d’un rassemblement local permanent contre l’exclusion et le racisme.

Propos recueillis par Yvon Huet

 

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