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30 ans d'Humanité. « Ce que je n'ai pas eu le temps de vous dire »

La signature de José fort se rencontre au gré des pages de Vie nouvelle. Elle s’est aussi souvent baladée dans les colonnes de l’Humanité. José signe aujourd’hui un livre confidence.

30 ans d’Humanité, un bien beau titre. 30 ans à écrire, jour après jour ce journal « classe » qu’est l’Huma, trente ans aussi à faire, comme l’entendaient nos doctes anciens, ses humanités à « former son esprit par l’écriture » disent les dictionnaires. C’est peut-être cela le travail bien compris de journaliste.


Le livre de José Fort nous montre certes, le parcours d’un journaliste hors du commun, mais il est plus que cela. C’est un écrivain à l’oeuvre que nous dévoilent les 160 pages de ses récits.
En lisant d’un trait, « de un trago » dirait Jean Ortiz, les rencontres et aventures de José Fort, j’ai pensé à Rouletabille, l’extravagant reporter sorti de l’encrier de Gaston Leroux ainsi qu’à Ilia Ehrenbourg, le journaliste-écrivain soviétique. Le premier que l’on présente souvent comme le modèle du journalisme d’investigation, le second, ami d’Aragon, comme le plus grand des correspondants de la guerre d’Espagne. Il est peut-être temps de le relire…

Des rencontres

Le livre de José Fort est comme une oeuvre romanesque en cinquante chapitres ou tableaux. Mandela, Madeleine Riffaud, Dolores Ibarruri, Rol-Tanguy, Julien Lauprêtre, Lise London, Arafat, Castro, Ben Bella, Egon Krenz ou Georges Marchais…


On ressent la passion des mots et des utopies partagées. Les textes semblent disparates, ils se superposent, se croisent, se confondent parfois puis s’emboîtent et tout devient d’une évidente cohérence. La cohérence d’une vie. La lutte tenace pour la paix, la liberté, le socialisme. Et nécessairement, il faut aller à l’enfance, jusqu’aux actes fondateurs de la personnalité. Il faut lire Gabriel, militaire de la guerre 14-18 qui prend fait et cause pour l’Espagne républicaine et reçoit une balle qui lui détruit le nerf optique, sa rencontre sur le front de Madrid avec Marie-Thérèse, une jeune infirmière. Gabriel, archange aveugle épousera Marie-Thérèse. Ce sont les parents de José. Ce texte est un acte d’amour d’une rare retenue. Il s’y dégage dans la distance que l’écrivain a voulu garder un flot d’émotion, quelques larmes aussi.

 

Une séparation

Deux textes dédiés à Georges Wolinski ouvrent le livre. Le dessinateur devait le co-écrire avec feutres, crayons et son humour caustique. On se prend à rêver aux dessins que Wolinski aurait pu commettre pour illustrer ces récits, avec en Une, pourquoi pas, un dessin : José, Georges et Fidel, monte-cristo et mojito en mains. Et Georges aurait glissé ici et là, nécessairement, quelques esquisses de femmes. Et, pourquoi pas, par amitié pour José, La Pasionaria, figure tutélaire presque maternelle qui hante le livre. La Pasionaria qui prendra José par la main pour aller, le 25 octobre 1981, voir le tableau Guernica revenu au musée du Prado parmi les siens, glissant à l’oreille de José cette phrase banale et pourtant magique « Montons les escaliers, allons retrouver Picasso ».


Ce livre est comme un regard - il faut bien utiliser ce mot - sur le monde, un regard tendre, ironique, quelquefois acéré, jamais caustique. L’écrivain se laisse aller à la rêverie, à la poésie parfois même à l’éloquence. Il faut le lire de toute urgence.

30 ans d’Humanité. « Ce que je n’ai pas eu le temps de vous dire », José Fort, Éditions Arcane 17, prix : 16 €.

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