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Pour un vrai service public de santé

L’épidémie du Covid-19 a montré les difficultés que notre système de santé a rencontrées pour répondre à une crise de grande ampleur mais, toute proportion gardée, limitée par rapport aux scénarios les plus pessimistes.

Dans un contexte très différent, nous avons connu des crises similaires qui sont passées quasiment inaperçues. C’est le cas de la grippe de Hong-Kong de 1969 qui a fait 30 000 morts en France, alors que la population était d’un tiers inférieur. À l’époque, un certain fatalisme était de mise face aux nombreux décès quotidiens. Car les moyens médicaux, notamment en réanimation, n’étaient pas au même niveau que ceux d’aujourd’hui et les médias ne travaillaient pas dans l’immédiateté avec un décompte de morts quotidien.

État de dégradation avancé

Alors, pourquoi la France a-t-elle été en aussi grande difficulté pour répondre à cet événement. La raison essentielle est l’état de dégradation avancé de notre système hospitalier, dénoncé depuis des années par des militants pouvant être considérés comme des lanceurs d’alerte, qui ont été méprisés par les gouvernements successifs, constants dans leur application d’une politique d’austérité qui s’est aggravéeau fil du temps. La fermeture de 100 000 lits en 20 ans a atrophié notre réseau hospitalier avec des tensions de plus en plus importantes pour hospitaliser les patients, faute de place. De plus, cela fait des années que les médecins urgentistes mettent en avant, chaque hiver, chaque été, chaque long week-end, en résumé au quotidien, le manque de lits en réanimation, mais aussi en médecine, avec des patients qui restent sur des brancards dans les couloirs et parfois y meurent dans des conditions indignes.

Mise en lumière

Cette situation a été brutalement mise en lumière par la comparaison du taux de lits de réanimation rapporté à la population entre l’Allemagne et la France. Au début de l’épidémie, nos voisins disposaient de deux fois plus de lits de réanimation. Cette épidémie s’est caractérisée par des défaillances respiratoires brutales nécessitant d’hospitaliser un très grand nombre de patients en très peu de temps. Si la France avait eu non pas 5000 lits de réanimation mais10 000 au début de l’épidémie, la montée en charge aurait été beaucoup plus facile. Alors qu’il a fallu déployer des trésors d’ingéniosité pour atteindre péniblement ce chiffre en 15 jours.

L’autre élément important à souligner sur l’impréparation des hôpitaux est la logique imposée par la loi Bachelot en 2008 : l’hôpital fonctionnant comme une entreprise productrice de soins et appliquant les mêmes règles que l’industrie. Cela s’est traduit par un fonctionnement à flux tendu avec des stocks zéro pour éviter l’immobilisation de « capital ». Un non-sens quand on sait que l’activité d’un hôpital ne peut être complètement prévisible et dépend de divers facteurs connus et prévisibles : un hiver rigoureux, un été chaud et des virus saisonniers plus ou moins agressifs !

Égalité de traitement

Comme le dit le dicton populaire : « La santé n’a pas de prix ». Elle ne peut donc pas relever des logiques du marché dont le principe est de maximiser la rentabilité en espèces sonnantes et trébuchantes. Oui, mais comme le disent certains : « La santé à un coût ». Bien évidemment ! Et c’est à ce niveau que les fondements du service public présentent un avantage. Le service public, c’est le monopole et non pas la concurrence, qui est source de gâchis,entre ceux qui ne recherchent que le profit. Aujourd’hui, les groupes de cliniques privées à but lucratif concentrent leur offre sur les activités les plus rémunératrices : la chirurgie ambulatoire, les chimiothérapies, la dialyse, la radiologie ou les laboratoires de biologie.

Le service public, c’est le respect du principe constitutionnel d’égalité de traitement de chaque citoyen. Cela signifie une politique d’aménagement du territoire permettant à chacun de bénéficier des services essentiels à proximité de chez lui. Ce n’est pas la logique actuelle de concentration des moyens dans les métropoles et la désertification des territoires ! Le service public, ce sont des emplois statutaires avec des écoles de formation délivrant des diplômes d’État reconnus et contrôlés.

Il y a urgence

Il y a donc urgence à ce qu’à l’issue de cette « guerre », comme l’a mal nommée Emmanuel Macron, des changements radicaux soient mis en œuvre, comme l’avaient proposé les membres du Conseil national de la Résistance. Il est temps que nous réalisions concrètement leur programme. Cela signifie la mise en place d’un grand service public de santé avec des hôpitaux, des centres de santé, des personnels bien formés et bien payés, assurant à chaque citoyen une prise en charge de qualité qui associe prévention et soins. Cela signifie une Sécurité sociale financée par des cotisations qui ne sont pas des charges, mais une part des revenus de chaque travailleur qu’il verse volontairement à une caisse assurant une gestion solidaire des besoins de tout un chacun. De fait, la fameuse « exonération des charges sociales » offerte aux entreprises constitue un vol manifeste du produit de notre travail.

Oui, si nous le voulons, nous pouvons, tous ensemble, imposer ce grand service public de santé financé par une Sécurité sociale unique, uniforme et universelle.

Dr Christophe Prudhomme

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