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Artifices et vieilles ficelles

Le gouvernement aura usé de toutes les manœuvres habituelles pour faire passer un projet de loi rejeté par une majorité de l’opinion, des salariés, des syndicats et de ses propres élus. La rencontre du 29 juin entre les syndicats, le Premier ministre et la ministre du Travail en a été une illustration de plus.

« Les Français ne comprennent pas »

Ce fut le premier argument pour expliquer le tollé qui a accueilli la publication du projet de loi. Mais le décryptage sérieux du projet par les syndicalistes, des juristes, des économistes a révélé tous les dangers pour la protection des salariés que recelaient les 52 articles du projet. Quant à l’idée que la loi Travail allait favoriser l’emploi elle n’a duré que le temps d’une campagne de presse, si bien que les auteurs du projet ont dû reconnaitre qu’il ne fallait guère attendre de la loi qu’elle crée des emplois.

Le management de la violence

Classique aussi mais utilisé avec une dureté inédite. Exploiter les violences survenues en marge des manifestations pour occuper les médias à l’heure des JT afin d’une part de détourner l’attention du contenu du projet contesté et, d’autre part disqualifier les organisations contestataires. Cela n’a pas suffi à décourager les manifestants ni à affaiblir le soutien à la mobilisation.

Les réseaux sociaux se faisant le relais des analyses critiques du projet et démontant le mécanisme des violences policières. Au point que le secrétaire du syndicat majoritaire des policiers a mis en cause le management des manifestations par sa hiérarchie en l’accusant de vouloir ainsi nuire aux syndicats. C’est alors que les campagnes contre la CGT se sont déployées, confinant à la haine dans certains éditoriaux. Cela non plus n’a pas retourné l’opinion contre la CGT, mais a suscité des agressions inadmissibles : les standards des permanences de la CGT sont assiégés de messages insultants, le siège de la CGT dégradé, des menaces de mort contre le secrétaire général.

Les tentatives de division

Le gouvernement a cédé à certaines revendications catégorielles en espérant que le mouvement de grève serait brisé. Des grévistes ont repris le travail mais ont continué de réclamer le retrait du projet de loi. Laurent Berger, secrétaire général du second syndicat en France s’est alors mobilisé…contre les autres syndicats en affirmant son soutien au projet gouvernemental et en déclarant même « que la CFDT serait vent debout » contre le retrait du projet. Quasiment seule à soutenir le projet, la CGC/CFE exprimant son opposition au projet.

L’instrumentalisation de l’Euro 2016 et des menaces terroristes, l’approche de la période de congés, rien de tout cela n’a réduit la puissance du mouvement.

Un soutien qui malgré les campagnes de haine ne s’est pas démenti

Au soir de la dernière manifestation du 28 juin, 73 % des personnes interrogées dans les derniers sondages confirment leur opposition au projet de loi et 61 % sont d’accord avec les mobilisations.

C’est fort de ce soutien que les délégations des syndicats opposés au projet de loi ont rencontré le Premier ministre et la ministre du Travail. L’occasion pour la CGT dans une déclaration liminaire de confirmer son rejet du projet, de soulever l’illégalité de son contenu au regard des conventions internationales du travail et de déposer ses propositions. De faibles concessions, qui n’en sont pas vraiment, du gouvernement qui ne modifie pas le cœur du projet et qui n’ont convaincu ni les syndicats ni même les députés de la majorité opposés au projet.

Rendez-vous est pris pour le 5 juillet jour du retour du projet devant l’Assemblée Nationale après avoir été adopté par le Sénat.

Ainsi les manœuvres de toutes sortes, jusqu’aux plus dangereuses, du gouvernement, les charges systématiques des médias contre les manifestants et la CGT, n’ont pas désarmé l’opinion majoritairement opposée au projet de casse du droit du travail. De nombreux syndicats, de l’Espagne aux Etats Unis, ont exprimé leur solidarité aux manifestants de France.

« Résister c’est créer » disait Stéphane Hessel. Le mouvement contre le projet de loi destructeur du doit des travailleurs est à la fois une formidable résistance aux logiques néo-libérales et la création d’une force de conquête de droits nouveaux. Une force d’avenir.

Pascal Santoni

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