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Macron. Une victoire éclatante vraiment ?

Le premier tour des élections législatives et les projections sur celles du deuxième semblent confirmer qu’Emmanuel Macron disposera d’une large majorité à l’Assemblée Nationale. Les médias se sont empressés de célébrer le renouvellement et celui qui le représente, mais qu’en est-il réellement ? De quelle légitimité le parti du président pourra-t-il se réclamer pour appliquer ses projets ? La réponse intéresse au plus haut point salariés et retraités.

Une légitimité électorale relative

La surprise, la véritable surprise de ce scrutin ne vient pas tant du succès remporté par les candidats du président, annoncé par les sondages depuis des mois, mais de l’abstention. Un record historique, c’est le plus fort taux d’abstention de toutes les élections présidentielles de la Vème République. Plus de la moitié, 51,3 %, des électeurs inscrits n’ont pas jugé utile de se déplacer. Il manque plus de 2 millions sur les 8 des électeurs d’Emmanuel Macron au 1er tour de l’élection présidentielle et très loin évidemment des 20 millions qui lui ont permis d’être élu face à Marine Le Pen.


Alors que le mécanisme de l’élection présidentielle liée à l’élection législative qui la suit favorise le vote en faveur des candidats se réclamant du président élu, ceux de La République en marche n’ont pas connu l’engouement espéré.

Notre système électoral, la division de son opposition de gauche et le recul sévère de la droite classique lui permettent cependant d’espérer une écrasante majorité à l’Assemblée Nationale.

Mais le taux d’abstention inhabituel relativise singulièrement « la victoire éclatante » du parti présidentiel : seuls 13,43% des inscrits sur les listes électorales ont voté pour La République en marche. Ce chiffre atteint 15,39% si l'on prend en compte les votes pour son allié le MoDem. Deux ouvriers sur trois se sont également abstenus ! Sachant que 12 millions de Français qui pourraient voter ne sont pas inscrits, cela entame sensiblement la légitimité électorale du président et de son programme.

Une légitimité politique à prouver

Le calcul politique d’Emmanuel Macron s’est révélé payant. Face à des électeurs profondément déçus par les  deux quinquennats de la droite et de la gauche, il a su se présenter à la fois comme un homme "ni de droite ni de gauche" et aussi "et de droite et de gauche". La constitution d’un gouvernement de même facture, d’hommes et femmes de droite et de gauche socialiste a conforté cette image. Mais de là à considérer que le vote en sa faveur était un vote d’adhésion est pour le moins présomptueux, d’autant qu’il s’est ingénié à entretenir le plus grand flou sur son programme.

Le renouvellement ?

Ce fut l’argument majeur du candidat Macron. A y regarder de près Emmanuel Macron a reçu un faible soutien de la part des jeunes. C’était vrai à l’élection présidentielle. Les élections législatives révèlent en outre que l’abstention la plus forte se trouve parmi les jeunes : 65 % des jeunes de 25-34 ans et 63 % des 18-24 ans se sont abstenus. C’est chez les plus de 65 ans que l’on trouve le plus de votants et d’électeurs du parti présidentiel. Et ses candidats n’ont convaincu que 17% des foyers modestes contre 43% des électeurs dont les revenus dépassent 3 000 euros.

La société civile représentée ?

Certes les candidats de La République en marche sont pour la plupart des nouveaux venus en politique et ont une moyenne d’âge de 47 ans. Mais là s’arrête le renouveau. Loin de représenter la société civile comme ils le proclament, ils sont issus de catégories socioprofessionnelles supérieures classiques. Un tiers d’entre eux (156) ont leur propre entreprise et 71 exercent des activités de conseil ou de « consulting ». Deux sont ouvriers…et 4 % sont retraités.

Des projets à fort taux de mécontentement

Le nouveau président pourra probablement bénéficier d’une forte majorité à l’Assemblée Nationale pour mettre en œuvre son programme mais il n’est pas assuré de disposer d’un soutien aussi massif chez les salariés et dans l’opinion en général. C’est certainement la raison pour laquelle il souhaite précipiter l’engagement des réformes pour lui essentielles, notamment celle du code du Travail, qu’il veut réduire à sa plus simple expression.

Les retraités sont eux avertis de la diminution programmée de leur pouvoir d’achat avec l’augmentation de la CSG.

Deux objectifs du président et du Medef qui sont loin de faire consensus parmi les intéressés. La CGT avec d’autres forces syndicales et sociales est bien décidée à opposer la plus ferme des résistances à ces projets et à formuler des propositions constructives favorables aux salarié-e-s et aux retraité-e-s. Et répondre ainsi aux attentes que révèle à sa manière la faiblesse du soutien populaire au nouveau président et à sa politique.

Pascal Santoni

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